VIVRE A
SAINT-MARTIN-DE-BIENFAITE LA CRESSONNIÈRE

Un village en Normandie

 

 

 

2 / 6 - HISTOIRE DE LA CRESSONNIÈRE

1914 - 1920

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Dernière mise à jour le :
Novembre 2010

 


LA PREMIERE GUERRE MONDIALE.

1914
Le Conseil est réuni une seule fois pour l'année 1914, en Mai. La prochaine séance se tient en juin 1915.
La guerre met entre parenthèses la vie municipale.
On se contente d'expédier les affaires courantes, vote du budget et des aides sociales. Mais aussi désignation des répartiteurs, des délégués au comité agricole cantonal etc; car la vie continue.

En 1915 les cultivateurs se plaignent de la taxation actuelle des fourrages en cours de livraison pour le ravitaillement prétextant, avec raison, que par suite du manque d'ouvriers agricoles dans la région ils sont obligés d'accepter les services d'ouvriers de passage, hommes ou femmes, la plus part inexpérimentés et réclamant pour le travail des prix élevés et même exagérés le plus souvent.
Il paraît nécessaire de proposer à la Commission de ravitaillement de modifier ses prix, en ce sens que les foins de 1ère qualité soient payés désormais 45F, ceux de 2ème qualité 40F et ceux de 3ème qualité 30F les 100 balles du poids de 5Kg chacune. (45F 1915 = 117€ 2009 ; 30F = 78€).

En 1916 Les conseillers Daniel de Noinville, Léon Servy, Georges Grip, Eugène Cantrel sont portés mobilisés. Ils le seront jusqu'à la fin de la guerre.

En 1917 la commune est taxée pour l'installation du téléphone à la gendarmerie d'Orbec.

Solitude et responsabilités.
Depuis janvier 1916 M Ernest Dupendant, conseiller, fait fonction de maire en remplacement de M le Comte Christian de Noinville, empêché.
En décembre 1917 il offre sa démission au Sous-Préfet qui lui demande "de réunir le Conseil pour lui faire part de votre détermination."
Le Conseil se réunit le 25 décembre 1917. Le Conseil est réduit à deux présents : MM Dupendant et Leriche. Tous les autres membres sont absents, mobilisés ou décédés. A la demande de M Leriche, M Dupendant consent à continuer l'intérim moyennant une rétribution de 200F par an.

Difficultés de ravitaillement.
Dans cette même séance de décembre 1917, ces deux conseillers prennent connaissance de la circulaire du 19 décembre de M le Préfet édictant des dispositions nouvelles pour la consommation du pain.
Le Conseil doit désigner une boulangerie pour approvisionner la commune.
Deux boulangeries d'Orbec ont des dépôts à Bienfaite : la boulangerie Charlotte et la boulangerie Lecomte. Une troisième boulangerie d'Orbec, la boulangerie Croisé fournit aussi du pain aux habitants de la Cressonnière.
Le Conseil suggère à M le Sous-Préfet de répartir la clientèle sur ces trois boulangeries et s'en remet à son choix.

Voir la liste des jeunes hommes de la Cressonnière Morts pour la France.

L'APRES GUERRE.

[La guerre sitôt terminée, les petites querelles peuvent reprendre.]

Juillet 1919.
Le maire considérant que le presbytère appartient à la commune, aurait dû être loué par la commune et non par le curé desservant et demande que le locataire actuel M Eugène Léon vide les lieux au plus tôt.
Un courrier du Sous-Préfet de Lisieux indique que M le Ministre du culte de Saint-Martin-de-Bienfaite, en percevant le montant du loyer d'un bâtiment communal, s'expose aux poursuites prévues par l'article 258 du code pénal, comme s'étant immiscé sans titre dans des fonctions publiques et que celui-ci devra être mis en demeure de verser dans la caisse du percepteur le montant des loyers qu'il a indûment touchés.
Les membres du Conseil pensaient tous, de bonne foi, que le desservant, l'abbé Leroy, agissait légalement. Ils demandent que le M le Curé ne soit pas tenu de rembourser les sommes par lui touchées.

M Dupendant propose de louer le presbytère à M le Curé de Bienfaite moyennant 10F par an, à charge par lui de payer l'assurance et les impositions.
Cette proposition est acceptée par trois voix sur cinq.
Refusant de s'associer à cette proposition, MM Grip et Cantrel demandent leur démission.
Le curé Leroy acceptera cette location mais refuse d'y effectuer les répartions locatives, le bâtiment étant en très mauvais état.

Désignation d'un maire intérimaire.
M le Sous-Préfet écrit au Conseil qu'une nouvelle désignation d'un maire intérimaire doit avoir lieu en raison de la démobilisation de M Grip Georges, premier Conseil Municipal dans l'ordre du tableau.
Ceci est inexact, le conseiller ayant obtenu le plus de voix étant M Daniel de Noinville, également démobilisé.
Après vote et au bénéfice de l'âge, M Dupendant sera reconduit dans son poste de Maire intérimaire.

En septembre, à la demande de M Duych, industriel et de M Deloge, champignonniste, le Conseil émet l'avis que le service postal soit maintenu le Dimanche.

La famille de Noinville a vendu le château à un industriel parisien, M Duyck.
En décembre 1919, les habitants vont élire le nouveau châtelain maire de la commune. [Ils ne vont pas tarder à déchanter.]

1920
Le maire invite M Le Cardinal à envoyer ses enfants à l'école.
Le père répond que ses enfants ne sont pas vêtus assez chaudement.
M Dupendant lui répond que ses enfants sont plus souvent sur la route qu'à l'intérieur et que le motif invoqué n'est pas valable.
Le maire propose de mettre M Le Cardinal en demeure d'envoyer ses enfants à l'école et offre d'aider cette famille à habiller ses enfants.
M Dupendant s'oppose à cette dernière proposition, tant que M Le Cardinal ne cessera pas de fréquenter les cafés.

Secrétaire de mairie.
Un différent avec M Maheux qui ne sera resté secrétaire de mairie que six semaines, nous permet de lire différentes tâches administratives incombant à ce poste.
- Recensement des chevaux, voitures et automobiles
- Tableau de rectification de la liste des électeurs.
- Bulletin semestriel d'état civil. etc. etc.
M Decaen, instituteur à Bienfaite accepte le poste de secrétaire.

En réponse à un courrier de M le Sous-Préfet, le Conseil attend pour décider du plan du monument aux morts, de connaître le montant des trophées de guerre qui seront accordés à la commune.

D'importantes réparations sont à effectuer à l'école [construite il y a 12 ans.] Le devis total s'élève à 2 160F. (1 910€ de 2009).

La rupture.
Le 15 août 1920 à 10h30 du matin le Conseil est réuni en session extraordinaire.

L'adjoint, M Deloge demande que la séance se tienne en comité secret, ce qui est adopté à l'unanimité. Le secrétaire de mairie quitte la salle.
Il est reproché au maire, M Duyck, d'avoir donné l'ordre de ne pas remettre le courrier administratif à l'adjoint, mais bien au secrétaire de mairie, et non pas à la Cressonnière, mais à la mairie de Saint-Martin-de-Bienfaite contrairement à la loi.
M Deloge attire l'attention des conseillers sur le fait que M le Maire avait également autorisé le secrétaire de mairie à prendre toute initiative pour les réponses aux plis administratifs et à faire usage pour signer en son nom d'une griffe, contrairement à la loi.
Le Conseil, à l'unanimité [MM Duyck et Deloge se retirant du vote] :
  • Reconnaît que M Deloge n'a pas cessé, un seul instant, de mériter sa confiance.
  • Émet le voeu que M Deloge retire sa démission.
  • Prie M le Maire de bien vouloir sans retard donner des ordres à la Poste pour remettre les choses comme elles étaient primitivement.
  • Prie M le Maire de faciliter la tâche de son adjoint en lui faisant délégation de fonctions.
  • La protestation du 26 juillet sera transcrite dans le présent compte rendu.
  • Le présent comte rendu sera envoyé in-extenso et dans la huitaine à M le Sous-Préfet et affiché à la porte de la mairie dans la même forme et le même délais.
Dans le courrier au Sous-Préfet, les conseillers de la Cressonnière précisent : - Ils considèrent les faits [les décisions du maire] comme un manquement grave à la déférence due au Conseil Municipal en tant que corps constitué et à la personne même de chaque conseiller.

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