VIVRE A
SAINT-MARTIN-DE-BIENFAITE LA CRESSONNIÈRE

Un village en Normandie

 

 

 

1 / 6 - HISTOIRE DE LA CRESSONNIÈRE

1881 - 1914

Bienfaite, présentation

Bienfaite en 1900 Photos

Camembert Lanquetot

Le patois

Liens

La politique

HISTOIRE

Les gens d'ici


Page d'accueil

 

Dernière mise à jour le :
Janvier 2016

 


Monsieur Paul Borie, inventeur de la brique creuse au 19ème siècle est passé à La Cressonnière.
Cet épisode se situe avant 1881 ce qui explique cet insert en préambule.

Paul Borie
Paul Borie est né dans la Creuse en 1819. Il est diplômé ingénieur de l'école des mines de Paris en 1843.
Il dirige les briqueteries de Monchanin (Saône-et-Loire). On y fabriquait des briques pleines de 6Kg.
Paul Borie avait constaté que ce matériau n'était pas pratique : lourd, nécessitant beaucoup d'argile et une cuisson longue.

Mais pour fabriquer une brique plus légère et donc creuse, les argiles utilisées à l'époque ne convenaient pas.
Aussi, Paul Borie s'en va aux quatre coins de France à la recherche d'une argile appropriée à la fabrication de briques creuses.
Ses voyages l'amènent à La Cressonnière où la famille des Noinville exploite une briqueterie, et une autre à Bienfaite. Dans le fond du parc du château, on peut voir les restes d'un four. (Voir en pages Photos). Ce four a été utilisé par Paul Borie pour la cuisson (expérimentale?) de briques creuses en terre cuite, aussi dites tubulaires.
Il devient aussi Normand d'adoption en épousant Mlle Rosa Vedi de La Vespière.
En 1852 il dépose un brevet de fabrication de briques creuses. Le succès fut immédiat. Primée dans de nombreux salons : Paris en 1854, Bruxelles en 1865, Londres et Amsterdam 1860...
Napoléon III lui décerne la grand-croix de la Légion d'honneur pour sa découverte.

Malheureusement pour Paul Borie survient la Commune et en 1871 les ouvriers briquetiers, craignant que la brique creuse ne les prive de leur travail, incendient son usine de la rue des Boulets à Paris 11ème.
De plus le nouveau gouvernement ne reconnait plus les brevets déposés sous l'ancien régime !

Malade, aigri, il se fixe définitivement en Normandie, dans la maison de ses beaux-parents, à La Vespière.
Paul Borie meurt le 25 novembre 1871. Il fut inhumé aux cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Une rue et un quartier de La Vespière portent le nom de Paul Borie. On peut y voir, sur la droite, la maison à un étage "Les roses" ou habitait Paul Borie durant ses séjours en Pays d'Auge.

Economies du procédé :
50% sur les matières premières et leur préparation; en effet, la somme des vides est sensiblement égale à celle des pleins.
50% sur le temps de séchage
25 à 30% sur le temps de chauffe et le combustible
40% sur le transport, le poids est presque la moitié des briques pleines
En résumé, ces économies qui portent sur presque tous les éléments du prix de revient, se traduisent par une moyenne générale variant de 25 à 30 %. YB Janvier 2016

POPULATION DE LA CRESSONNIÈRE
1806 1937 1940
255 84 90
Après 1968, l'Insee additionne les habitants de Bienfaite et de la Cressonnière.

Le plus ancien registre disponible aux Archives Départementales du Calvados s'ouvre sur la délibération du Conseil municipal du 18 mai 1881 qui clos le budget 1880 en équilibre recettes - dépenses à 3 744F.

VOIRIE - CONSTRUCTION D'UN PONT.

L'amélioration de la voirie constitue une question récurrente sur la décennie actuelle et celles à venir.

L'Agent voyer d'arrondissement sollicite la commune à payer sa participation sur les travaux à exécuter sur la route de 2ème classe N° 20 d'Orbec à Caen [route de Fervaques].
Il s'agit de construire un pont sur l'Orbiquet à Bienfaite, au Fossard [La rivière était franchie à gué.]
L'intérêt de La Cressonnière à la construction de ce pont réside en le fait que c'est la seule voie facile pour accéder au chef lieu de canton [Orbec].
Les 333F réclamés à la commune paraissent trop élevé au Conseil en regard de ce qu'il est réclamé aux communes de Cernay, 200F, la Croupte, 68F.
Le Conseil plaide : la Cressonnière, commune très pauvre et dont le centime ne produit que 25F, s'adresse à la justice et à la bienveillance de M le Préfet pour obtenir une sérieuse diminution.

De plus il est de toute nécessité de refaire le pont situé sur le chemin de Bienfaite à Meulles.

Le Sous-Préfet invite le Conseil à accepter la participation de 2F de la commune pour les travaux à exécuter sur la ligne de grande communication N° 2 de Lisieux à Orléans.

Une circulaire de M le Préfet invite la commune de la Cressonnière à délibérer sur le classement en chemin de grande communication du chemin vicinal N° 2 de Bienfaite à Meulles. La commune serait subventionnée des trois quart de la dépense.
Le Conseil émet un avis favorable au classement qui lui est proposé sous réserve que le tracé suivra l'ancien chemin.

École.
Budget 1882 de l'école mixte intercommunale
part de la Cressonnière
Traitement fixe de l'instituteur  200F
Complément pour fournir le traitement minimum  900F
Traitement de la maîtresse de travaux à l'aiguille  60F
Location de la maison d'école  200F
Total  1 360F
Ce budget est, en partie, financé par le vote de quatre centimes spéciaux pour l'instruction primaire, impôt reconduit d'année en année.
1F de 1882 = 4€ environ.

M le Comte Christian de Noinville est propriétaire de la maison école, qui est aussi l'école de la commune de Cernay.


A la fin du 19ème siècle, les chemins étaient étroits, sinueux, mal empierrés, mais tellement pleins de charme !

PAUVRETÉ.

Pierre Auguste Morice, conscrit de la classe 1881 n° 8 du canton d'Orbec, a formé une demande de dispense de service militaire au titre de soutien de famille.
Le père du réclamant est devenu complètement aveugle malgré une opération ophtalmologique et le port de lunettes spéciales. Son fils aîné, marié depuis 17 ans, qui est fermier, ne peu conduire son père et le diriger dans son travail qui consiste principalement à élever et soigner des pépinières.
Il ne reste à ce père que son second et dernier fils Pierre Auguste, jeune homme qui a toujours été très laborieux, travaillant continuellement avec son père, le soulageant dans son travail et dans ce que sa faible vue ne lui permet pas de faire.
Pierre Auguste Morice est bien le soutien de son père.

Euphrasie Saussayes veuve Hommet, âgée de 79 ans, est dans l'indigence la plus complète ne peut se faire donner les soins que réclament son grand âge et son infirmité.
Une somme de 200F est nécessaire pour la faire admettre à l'asile des petites soeurs des pauvres à Lisieux.
Une souscription faite dans la commune à cette intention a produit 100F. Il reste à trouver l'autre moitié de la somme. Ce qui se renouvellera tous les ans jusqu'à son décès fin 1882.

Nombre d'ouvriers chargés de famille chôment de travail par raison que la fabrique à papier ne fonctionne plus depuis plusieurs mois.
Les plus nécessiteux de la commune recevront 3Kg de pain par chaque quinzaine et spécialement Rose Chardon octogénaire sans aucune ressource, Rose Chéron paralytique et jean Baptiste Cantrel.

L'école.
En Février 1888 la corde de bois qui avait été envoyée pour chauffer les enfants de l'école est épuisée.
Le froid étant très intense, plusieurs degrés en dessous de zéro, la neige couvrant la terre, plusieurs parents se refusent à envoyer leurs enfants à l'école où ils ne trouvent pas de feu.
La commune de Cernay est accusée de cette situation en n'assumant pas sa part de cette charge de chauffage.

Projet de fermeture de la halte du chemin de fer à Bienfaite.
Le Conseil va s'opposer à ce projet de la Compagnie de l'Ouest [chemin de fer]. Les raisons invoquées sont intéressantes.
  • Si la gare de la Chapelle-Yvon n'est distante de la halte de Bienfaite que de 2 400m, le chemin qui conduit de l'une à l'autre [aujourd'hui route du Coudray] est impraticable.
  • Par la grande route, la distance qui sépare ces deux stations est de 5 000m avec une côte très rapide qui, même pour les charges peu fortes, demande un cheval de renfort.
  • Si le trafic de la halte de Bienfaite a diminué ces dernières années par suite de la fermeture de certaines usines, il n'est pas vrai de dire que ces usines resteront indéfiniment au chômage. En effet, dans le vallon seul de la Cressonnière, une usine s'est ré ouverte au commencement de la présente année.
  • Qu'en dehors des usines, en cette même année 1888, dans ce même vallon de la Cressonnière, s'est installée une briqueterie qui dès les premiers trois mois de son ouverture a produit 60T.
  • Que les cultivateurs, si éprouvés en ce moment, donnent à la gare de Bienfaite par leurs foins et leurs pommes un trafic considérable.

En 1889 le principe de la construction d'une mairie est adopté. Il n'aboutira que bien plus tard, voir chapitre 3/6.

En 1890 et pour la première fois, la commune crée le poste de secrétaire de mairie. M Loquet, instituteur à Bienfaite, accepte ce poste.

En novembre 1891, le maire, Christian de Noinville, pour répondre à certains bruits qu'on a cherché à faire courir, produit devant le Conseil le testament olographe de Mlle Pauline de Noinville qui poste en toutes lettres "Je lègue une somme de trois cents francs aux pauvres de la Cressonnière." (Et non 2 000F).

CONSTRUCTION D'UNE NOUVELLE ÉCOLE.

5 Mai 1893 M le Sous-Préfet et M l'Inspecteur scolaire ont visité l'école pour faire l'examen des bâtiments scolaires et pour résoudre les difficultés pendantes entres les deux communes.
M le Sous-Préfet a demandé la nomination dans chaque commune d'une commission intercommunale de trois membres chacun.
Pour profiter des subventions de l'État, il est nécessaire que les deux communes se mettent d'accord pour devenir propriétaire des locaux scolaires, comme cela avait été envisagé en 1870.

En septembre 1894 M le Sous-Préfet préconise la réunion des deux communes de la Cressonnière et Cernay en une seule circonscription scolaire.

Le 7 novembre 1903 rapport de l'Inspecteur primaire délégué pour choisir avec les maires de la Cressonnière et Cernay l'emplacement de l'école projetée.
La promesse de vente d'un terrain des époux Leprêtre, des plans annexés, le Conseil accepte l'emplacement et le prix de vente indiqué.
Le Conseil choisit comme architecte M Maillard, agent voyer cantonal à Orbec.

Le 16 mars 1904 présentation des plans dressés par M Maillard d'un projet de construction d'une école mixte pour le service des deux communes.
L'acquisition du terrain et la construction, y compris les imprévus, se monte à 18 000F
Le Conseil accepte ce montant à la condition expresse que la subvention de 70% promise par le Sous-Préfet le 5 décembre 1902 sera appliqué à la somme totale que l'Administration devra s'engager formellement à ne pas dépasser soit 18 000F (66 600€ de 2009).

Le 11 Août 1904, M le Sous-Préfet suggère des économies et simplifications dans le projet de construction, par exemple de remplacer le mur d'enceinte par une haie.
Au final le Conseil maintien le mur et prévoit un revêtement au goudron sur l'aire de la cour.
Le Conseil, prend note d'une subvention départementale de 500F pour la Cressonnière; est disposé à voter le contingent qui restera lui incomber, au prorata de la population et de la valeur du centime communal.

Le 22 août 1904, suite au courrier de M le Sous-Préfet, après quelques modifications minimes, l'estimation du projet d'école est ramené à 15 500F.
Le Département augmente sa subvention à 1 300F eu égard au peu d'importance de la valeur des centimes communal des deux communes.
Le contingent attribué à la Cressonnière est de 42%, ce qui porte la dépense totale pour la commune à 1 887,90F
Cette dépense sera couverte par une imposition de 6 centimes extraordinaires du principal des 4 impositions pendant une durée qui ne devra pas dépasser 24 ans à partir de 1906.
Un emprunt auprès de la Caisse des dépôts à un taxe qui ne devra pas dépasser 3,80% amortira la somme de 1 887F.

Une dernière estimation porte le projet à 17 200F

En Août 1906 l'architecte réclame que les mandatements soient effectués par un seul des maires. Les travaux ont donc débutés.

En 1906 sur injonction de l'Inspecteur primaire, l'institutrice a enlevé le Christ qui a toujours été dans l'école.
Le Conseil vote une longue protestation argumentée et demande au maire de replacer le Christ dans la salle de l'école communale.
Par arrêté préfectoral du 7 décembre 1906, cette dernière délibération est déclarée nulle.

Le 25 avril 1908, le Conseil accepte le décompte définitif des travaux de construction de l'école intercommunale présenté par M Maillard. [Ceci vaut réception des travaux].
La suite de l'histoire de l'école intercommunale dans le chapitre 5/6.

En 1912 réfection des peintures et tapisseries de l'école pour un devis de 72,86F.

Page suivante
Retour à Histoire de la Cressonnière