VIVRE A
SAINT-MARTIN-DE-BIENFAITE LA CRESSONNIÈRE

Un village en Normandie

 

 

 

6 / 6 - HISTOIRE DE LA CRESSONNIÈRE

1940 - 2011

Bienfaite, présentation

Bienfaite en 1900 Photos

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Dernière mise à jour le :
18 Novembre 2011

 


L'OCCUPATION ALLEMANDE.

1940

[La petite commune de La Cressonnière aura plus de chance que sa voisine, St Martin-de-Bienfaite.
Elle n'abritera pas de garnison allemande.
La vie municipale officielle va quasiment s'arrêter. On assure tant bien que mal le quotidien, les projets sont repoussés à des jours meilleurs.]

La première réunion du Conseil municipal sous l'occupation se tient le Dimanche 6 Octobre.
Si M Ladrière est présent, donc démobilisé, MM Conard et Gérard sont encore portés comme mobilisés. M Ruffray André a été tué au front en Juin 1940.

Il est repris les points évoqués lors du précédent conseil, en Mars, le lavoir et l'électrification des écarts.
[Ces projets se réaliseront en 1950.]

1941

Une circulaire du Préfet du Calvados, enjoint les communes à équiper les écoles d'un terrain sportif scolaire.
Les Conseils de la Cressonnière et de Cernay se réunissent conjointement pour décider que :
- " Après examen, ils ne voient pas de terrain avoisinant l'école pouvant être acheté par les communes pour être utilisé comme terrain de sport. Cependant, les membres présents sont partisans d'accorder tout leur concours à ce projet, le jour où un terrain se trouverait disponible. "

En Mai 1941 MM Conard et Gérard sont pointés absents, prisonniers de guerre.
La commune compte au total six prisonniers.

Les comptes de 1940 sont approuvés seulement fin décembre, soit avec un an de retard.

1942

Le Conseil se réunit pour la première fois de cette année le samedi 5 septembre.
M Berthelot, conseiller municipal, par un certificat médical délivré par un médecin d'Orbec lui accordant une incapacité de travail de trois mois, s'est fait exempté de garde contre les parachutistes et sur la voie ferrée.
Le Conseil demande que M Berthelot passe une contre-visite chez un médecin de Lisieux, l'intéressé ayant été vu travaillant sur sa faucheuse moissonneuse.

Cas identique pour M Chabot Emile qui a cessé son travail lorsqu'il lui a été commandé de prendre la garde contre les parachutistes. Aussitôt il s'est rendu chez un médecin qui lui a délivré un certificat d'incurable.
Au point de vue Assistance médicale gratuite et secours du Département et de la Commune, le Conseil municipal, à l'unanimité, est d'avis de lui supprimer ces avantages.

Vu les difficultés avec le fermier de la ferme des vallées, autorise M le Maire à faire construire une guérite qui sera posée à proximité de la dite propriété sur le bord de la route pour servir d'abri aux guetteurs contre les parachutistes.

1943

Deux séances seulement : le 21 octobre et 28 Décembre.
Les budgets 1942 et 1943 sont votés rapidement.
Un "Bol de lait" est créé à la demande de M l'instituteur. Il est prévu de fonctionner du 1er Novembre à Pâques.

1944

Aucune séance du Conseil n'est tenue cette année.

Un avion de la RAF s'est abattu en flamme dans une cour du Buisson. Lire le récit de la mort de l'aviateur Robert Blair, pilote Écossais.

Lire plus de détail sur cette période sombre de 1940 à 1944, la vie sous l'occupation n'est pas bien différente à la Cressonnière de celle de St Martin-de-Bienfaite.

L'APRÈS GUERRE.

1945

1er Février : 1ère séance de reprise de la vie démocratique.
Par arrêté du 25 Octobre 1944 portant constitution du Conseil municipal, M le Préfet du Calvados maintien tous les conseillers issus des élections de 1935.

Dimanche 19 Août.
La guerre terminée, il y a lieu de manifester aux défenseurs de la Patrie le témoignage public de reconnaissance qu'il leur est dû.
Un banquet est offert aux Prisonniers, Requis et Démobilisés des deux guerres.

M Decaen, instituteur retraité à St Martin-de-Bienfaite, vient s'installer dans l'ancien presbytère.

De 1946 à 1972

Le budget 1946 s'élève à 53.608F (4.060€ de 2009.)
En Avril 1946 , M Decaen démissionne de son poste de secrétaire de mairie. Il est remplacé par M Pieux Georges, instituteur à la Cressonnière. Il sera lui même remplacé en Octobre 1947 par M Fournier Jean, instituteur à la Cressonnière.

En 1948, 98 habitants. Le devis de M Bermond pour réparation du lavoir de la Pigeonnière s'élève à 54.000F (1.748€ de 2009). L'association Les amis de la Cressonnière prendra le relais, et en 1992 rénovera le lavoir. La petite commune de la Cressonnière a ainsi su préserver son petit patrimoine, ce que n'a pas su faire St Martin de Bienfaite.

En 1949, convention incendie avec la ville d'Orbec.


En 2010, une seule messe par mois, annoncée par affichette à la porte de l'église.Photo YB Octobre 2010

En 1950, goudronnage de la cour de l'école. EDF est chargé de l'électrification des écarts.

Mai 1954 Le Conseil réclame la création d'une seconde classe à l'école intercommunale. L'effectif de la classe est de 44 élèves et un tel effectif est beaucoup trop élevé pour un seul maître de classe unique.

Mai 1958 vote d'un crédit de 20.000F (325€ de 2009) pour l'envoi d'un colis au jeunes gens de la commune servant en Algérie.

Septembre 1959 M Fournier Jean, secrétaire de mairie démissionne. M Kleinclauss Jean-Jacques, instituteur est nommé secrétaire de mairie.
En 1962 Mme Kleinclauss Elise, institutrice, prendra la succession de son mari à ce poste.
En 1964 M Serge Page, instituteur prendra la suite.
En 1968 Neveu Michel Instituteur, devient à son tour, secrétaire.

Janvier 1960 La commune se rattache au bureau de poste d'Orbec. (La Poste ferme le bureau de St Martin de Bienfaite auquel la Cressonnière était rattaché.)

Septembre 1961. A l'occasion de la rénovation du cadastre, échanges de terrains avec la commune de Cernay, permettant de rectifier les limites territoriales de la commune.
L'école, qui était établie à l'origine entièrement sur la commune de la Cressonnière, passe sur la commune de Cernay.

En 1968 installation du chauffage de l'école par deux poêles au fuel.

Janvier 1970 Création d'un syndicat intercommunal pour le transport scolaire. Celui-ci, pour les enfants de La Cressonnière, ne sera effectif qu'en 1973, après la fusion avec Bienfaite.
Juillet 1970 Création d'un syndicat intercommunal à vocation scolaire ayant pour objet la gestion du CEG d'Orbec.
Octobre 1970 Adhère au ramassage scolaire de l'AEPEL d'Orbec.

LE DEBUT DE LA FIN.

22 Avril 1972 Le Conseil municipal de La Cressonnière accepte le principe de la fusion avec St Martin de Bienfaite sous forme de commune associé, avec effet au 1er janvier 1973.
La population totale de la nouvelle commue sera de 514 habitants (recensement de 1968).
L'accord prévoit 11 conseillers pour Bienfaite et 8 pour la Cressonnière. [Cette disposition ne pourra être respectée, le nombre de conseillers étant fixé par le Code électoral.]

La dernière réunion se tient le 30 Décembre 1972. Les comptes de la commune sont clos sur un excédent de 10.574F. (9.370€ de 2009).
Le registre des délibérations est clos à cette date.

En 2003, M le Préfet organisa un référendum pour tenter de fusionner définitivement les deux communes et ne plus en faire qu'une.
Il y eu à peine une trentaine de votants mais le projet du Préfet fut minoritaire, la majorité des suffrages exprimés préféra garder le statu-quo de l'association.

LA FUSION / DISPARITION.

Novembre 2011. Par huit voix pour et une abstention le Conseil municipal de Saint-Martin-de-Bienfaite La-Cressonnière a voté la fusion des deux communes, mettant fin au régime de l’association adopté en 1973.

Une loi de 2010 autorise Monsieur le Préfet à prononcer la fusion complète de deux communes, sans avoir besoin d’organiser un référendum, mais sur une délibération lui présentant cette demande votée à la majorité des deux tiers par le ou les Conseils municipaux concernés.

Concrètement : La Mairie de La-Cressonnière va fermer. La fonction de Maire délégué disparaît. Le quota de deux conseillers habitants La-Cressonnière au sein du Conseil municipal de onze membres disparaît également. Les registres d’État Civil seront tenus à Bienfaite, il n’y aura plus qu’un seul bureau de vote. Toutes les démarches administratives seront effectuées à la mairie de Bienfaite.
Les mariages religieux pourront continuer à être célébrés dans l’église de La-Cressonnière si les futurs époux le demandent.

En se plaçant du point de vue de la rationalité budgétaire et administrative cette fusion est une sage décision. Elle s’inscrit dans la continuité de la délibération d’association de 1973.
Quitte à être dans l’obligation de se regrouper, certains auraient préféré se rassembler avec Cernay, plus proche géographiquement et dont les liens avec cette petite commune étaient anciens. En témoigne l’histoire de l’école communale (lire ci-dessus).

Le cœur à ses raisons que la raison ignore.
Beaucoup de Cressonnièrois éprouvent de la tristesse à voir disparaître leur petite commune, rayée de la carte. Ils y perdent leur singularité, une partie d’eux même. Il ne subsistera que ce nom à rallonge de « Saint-Martin-de-Bienfaite-La-Cressonnière », et un nom de lieu-dit sur les cartes.

L’auteur de ces lignes partage la peine des habitants de La-Cressonnière, cette si jolie et préservée verdoyante vallée.
C’est un petit morceau de l’identité française qui s’engloutit dans les ténèbres.

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