VIVRE A
SAINT-MARTIN-DE-BIENFAITE LA CRESSONNIÈRE

Un village en Normandie

 

 

 

5 / 6 - HISTOIRE DE LA CRESSONNIÈRE

1930 - 1939

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Dernière mise à jour le :
Octobre 2010

 


L'ÉCOLE INTERCOMMUNALE.

[Le statut intercommunal de l'école, construite en 1908, est une source de conflits récurrents avec la commune de Cernay, variants en intensité selon la bonne ou mauvaise entente entre les élus des deux communes. Et aussi parfois entre bonne et mauvaise foi !]

Déjà en novembre 1929, le maire de Cernay signalait des réparations urgentes à effectuer dans l'école, le tuyau de descente des égouts du toit et une crevasse dans le mur, qui causent l'inondation de la cave; et demande donc à la commune de participer aux frais de réparation.

En Mars 1930 c'est M l'Inspecteur de l'hygiène qui suggère plusieurs améliorations à effectuer pour une meilleure hygiène de l'établissement scolaire :
- Agrandissement de la salle de classe.
- Lessivage des murs.
- Installation de lavabos avec eau potable.

Dans un premier temps, arguant des difficultés de la commune, le Conseil n'accepte que le lessivage des murs, refusant tous autres travaux puisque l'effectif scolaire va aller en diminuant.

Mais le 12 Avril 1930, c'est le Sous-préfet de Lisieux qui, vu le rapport de l'Inspecteur d'académie du 11 Mars 1930, insiste pour que les améliorations proposées soient mises en oeuvres.

Le Maire répond :
Réparations urgentes :
- La ravine de mer, allouée en novembre dernier, n'a pas été employée par le maire de Cernay.
- Le devis des réparations urgentes, s'élevant à 3.500F, n'a pas été communiqué.
- Le Conseil municipal de la Cressonnière n'a pas été invité à dresser ce devis de concert avec la municipalité de Cernay.

Agrandissement de la salle de classe.
- Le CM s'étonne que les effectifs scolaires s'élèvent à 52 élèves.
- Considérant que les écoliers de la Cressonnière sont au nombre de 7, est surpris que la commune de Cernay puisse fournir un contingent scolaire de 45 élèves sur 133 habitants, soit le tiers de la population.
[En fait, quelques semaines plus tard, seront comptés 11 ou 13 élèves (selon les sources) de la Cressonnière.]

Le Maire prie dons M l'Inspecteur d'académie de bien vouloir lui communiquer la liste des élèves avec leur date de naissance.

En attendant, décide de surseoir à l'examen du projet.

Quelques enfants de la commune fréquentent l'école de St Martin-de-Bienfaite.

En Juin, le Conseil propose au maire de Cernay de réparer la cour de récréation de la façon suivante :
- Nivellement du terrain.
- Rechargement avec fond en silex recouvert d'une couche de ravine de mer.
- Le Conseil demande en outre que l'institutrice fasse le nécessaire pour que son poulailler ne puisse plus communiquer avec la dite cour afin d'éviter des dégradation prématurées.
- Les réparations concernant la pompe sont acceptées selon le devis, ainsi que le puisard et la barrière d'entrée.
- Quant à la réfection du préau, il suffit de boucher les trous.

La dépense totale pour ces réparations s'élève à 3.500F, donc la part contributive de la Cressonnière s'élève à 1.470F.


L'école intercommunale en 2010. Lire le récit de l'école de Bienfaite pour savoir ce qu'il est advenu de ce bâtiment. Photo YB Octobre 2010

Les autorités exercent une pression.
Le 24 juillet 1930, l'Inspecteur d'académie adresse un rapport à M le Préfet.
Ce rapport brandit la menace de refuser des écoliers de la Cressonnière si la commune n'accepte pas les travaux.
En Août, le Conseil refuse de nouveau l'agrandissement de la salle de classe arguant des raisons suivantes :
- Le maire n'a toujours pas reçu la liste de tous les élèves inscrits à l'école.
- Ayant contribué à 42% de l'édification de l'école, la Cressonnière a droit à 42% des 26 places normales de l'établissement, soit 11 places.

Le rapport précité suggérait la possibilité d'installer une classe dans l'ancien presbytère.
Le Conseil estime que cette solution ne pourrait être envisagée :
- Que si la preuve de la nécessité de l'agrandissement de l'école intercommunale (située entièrement sur le territoire de la Cressonnière) lui était apportée.
- Et si la commune de Cernay s'engageait à rembourser à la commune de la Cressonnière la valeur actuelle de la propriété lui appartenant.

Petite remarque perfide entre amis.
Le Conseil accepte l'ajustement des dépenses pour le chauffage de l'école à 142F et 42F pour le balayage de la classe, en faisant toutefois remarquer que ce dernier crédit implique qu'il ne saurait être fait appel aux élèves de la Cressonnière dans l'organisation de ce service.

Les hostilités continuent.
Le 28 novembre, nouveau courrier de M le Préfet suite à un nouveau rapport de M l'Inspecteur départemental de l'hygiène.
Le Conseil regrette que le Dr Lebroussard ait été induit en erreur par la mauvaise foi évidente de Mlle l'institutrice.
Le Conseil réclame une fois encore la liste des élèves d'âge scolaire légal fréquentant l'établissement.

1931
Au final : un oui à l'agrandissement.
Le Conseil prend connaissance du rapport du 6 janvier de M l'Inspecteur d'académie et des deux listes d'élèves réclamées depuis près d'un an.
Le Conseil reconnaît que l'agrandissement de la salle de classe devient nécessaire, et accepte de contribuer aux frais pour sa quote part.
Il estime que le devis établi par M Maillart, architecte à Orbec et s'élevant à la somme de 31.800F est exagéré et qu'il y a lieu de le soumettre pour vérification à un architecte de Lisieux.
Le devis sera finalement accepté, la commune s'engage à recourir à l'emprunt pour financer cette dépense.

Tout ça pour ça ?
En 1932 le devis total définitif de l'agrandissement estimé par M Maillard, architecte à Orbec, s'élève à 33.920F soit une quote part pour la Cressonnière de 14.246F desquels il convient de déduire une subvention de l'État de 12.821F. Il ne reste donc à la charge de la commune que le complément de 1.424F.
La commune n'aura pas besoin d'emprunter, les fonds libres disponibles permettant de faire face à cette dépense.
[Est-ce que toutes les manoeuvres décrites ci-dessus n'étaient pas destinée à obtenir ce résultat d'une subvention d'État, très profitable aux finances communales ?]

Mais attention : la construction ne commencera réellement qu'en 1936.

1931 ARRIVÉE DE L'ELECTRICITE.

En novembre un emprunt de 20.492F est sollicité auprès du crédit Foncier de France pour couvrir la quote-part de la commune dans les travaux d'électrification.
Emprunt remboursable sur 30 ans au taux de 5,05%, ce qui porte l'annuité à 1.333F. La commune suspend son droit de remboursement anticipé pendant dix ans.
Deux lampes électriques seront installées dans le bureau de la mairie.

Fiat lux.
L'inauguration de l'arrivée de l'électricité dans la commune sera fêtée le 25 octobre 1931 en présence de M Henri Chéron, Sénateur, ancien Ministre, Président du Conseil général du Calvados. Le banquet aura lieu dans la salle des classe de St Martin de Bienfaite.


La Pigeonnière. Vue de la vallée de la Cressonnière. Photo YB Octobre 2010

1934 ARRIVÉE DU TELEPHONE.

Un poste téléphonique est installé à la mairie. Il est tenu par l'épouse du locataire de l'ancien presbytère, Mme Sauton contre rémunération annuelles de 140F.
L'automatique arrivera en 1937.

MARS 1935 CONTESTATION POLITIQUE.

- 1 - Bouilleurs de cru.
Le gouvernement à maintenu la taxe de luxe de 1.000F par hectolitre sur les alcools et refusé aux bouilleurs de cru le retour à la liberté, . . .
Le conseil municipal, adresse à l'unanimité, à M le Sous-Préfet de Lisieux, sa démission en signe d'énergique protestation.

- 2 - La crise économique.
Considérant que le malaise économique actuel a pour cause déterminante le déséquilibre monétaire :
- "Émet le voeu que le gouvernement, sans plus tarder, fasse sienne une politique de dévaluation qui, seule, permettra à la France, grand pays producteur et exportateur, d'avoir les débouchés commerciaux indispensables à son activité agricole et industrielle, lorsque elle aura stabilisée son franc à la parité de la livre sterling." [Les soulignés le sont dans le texte original].
[Cette démission collective et le voeu sur le Franc ont été adoptés dans des termes identiques par le Conseil municipal de Bienfaite.]

1936.

En Février, les travaux d'agrandissement de l'école intercommunale (voir ci-dessus), vont enfin débuter.
L'État est incapable de tenir ses engagements financiers de subvention. La commune va souscrire un emprunt de 10.000F (6.700€ 2009).
La salle de classe qui ne peut contenir que 22 élèves, en contient aujourd'hui 44 et à Pâques prochain en aura 52.
De plus, l'agrandissement nécessite l'achat de mobilier scolaire : pupitres, table réfectoire, tableau noir avec chevalet, lavabos, chauffage central et une "cuisinière hygiénique".

Pour l'église, la commune achète les vieux bancs de l'église de Bienfaite qui vient de remplacer les siens pour 500F.

1937.

Les finances communales ne permettent pas l'érection d'un monument aux morts. Une souscription est décidée qui dépassera toutes les espérances. Plus de 4.000F ont été donnés.
Six obus sont achetés à la commune de Ste Foy-de-Montgommery. Avec les chaînes les reliant et le scellement, le tout pour 500F.

1938.

Tuberculose. L'état de santé de l'enfant Fourreau Georges nécessite son admission rapide au sanatorium de Graye-sur-Mer (Calvados).

L'architecte d'Orbec, M Maillard, décédera avant d'avoir pu réaliser les mémoires de vérification des travaux de l'agrandissement de l'école intercommunale. M Courel, architecte à Lisieux, prendra sa suite.

1939.

Drôle de guerre : nomination d'un responsable communal "défense passive".
La commune ne possédant aucune terre cultivable pour les blés et autres céréales, n'a reçu aucune réclamation pour les calamités agricoles.
En revanche, la population [de la commune] qui est essentiellement agricole, a subi de grosses pertes de bestiaux par la fièvre aphteuse mais n'a touché aucune subvention promise.

MARS 1940

30 Mars 1940. C'est la dernière réunion du conseil municipal avant l'occupation allemande.
Trois conseillers sont absents, mobilisés : MM Conard, Ladrière, Gérard.
On fait semblant de continuer comme si tout allait bien : réparation du lavoir, électrification des écarts à envisager. Mais le coeur n'y est plus.

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