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A SAINT-MARTIN-DE-BIENFAITE - LA CRESSONNIÈRE

Un village en Normandie

 

 

 

3 / 6 - HISTOIRE DE LA CRESSONNIÈRE

AOÛT 1920 - AVRIL 1923

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Dernière mise à jour le :
Octobre 2010

 



A la recherche d'une Mairie.

Le 20 juin 1921, le Conseil municipal est mis en face d'un urgent problème d'importance.
La séance est présidée par l'adjoint M Deloge, l'excuse d'absence du maire a été reconnue non valable à l'unanimité des présents.
Le Maire, M Duych, propriétaire du château, l'a vendu en début d'année à MM Boulay et Brouard.
L'acte de vente stipule que le vieux château sera débarrassé des archives et bureau de la mairie et ce le plus tard au 31 Mai 1921.
La commune risque de se trouver sans mairie !


L'ancien château encore utilisé en 1920 comme Mairie. Réduit à l'état de ruine aujourd'hui.

Un problème dont l'origine remonte au 19ème siècle !

La commune n'a jamais été propriétaire d'un bâtiment à usage de Mairie, mais a toujours disposé d'une dépendance du domaine du château.
Les Conseils précédents se sont tous occupé d'obvier à cet inconvénient.
Ainsi en 1897 le Conseil avait accepté un devis de construction d'une mairie pour 2.110F.
Cette mairie devait être édifiée sur l'unique emplacement pratique, la place de l'Église, auprès du presbytère.
Hélas, le châtelain et Maire de l'époque, M le Comte Christian de Noinville, s'opposa au projet qui aurait gêné la vue du château.
En contre partie de l'ajournement du projet, M de Noinville consentit à continuer d'offrir un local pour abriter le dépôt des archives et les réunions du Conseil.

M le Sous préfet de Lisieux est saisi de la difficulté.

Le Conseil doit s'attendre à ce que le projet de 1897 qui se chiffrait à 2.100F soit décuplé et se monte aujourd'hui à plus de 20.000F.
Cette augmentation pèserait d'un millier de francs sur chaque famille de la commune.
Le Conseil ne peut prendre une telle décision sans consultation des habitants et envisage donc de démissionner.

Pour conforter son droit à l'occupation de l'ancien château, une recherche a été effectuée dans les archives municipales.
S'appuyant sur le cadastre de 1824 et sur une délibération de 1866 réglant un différent portant sur une bande de terrain longeant le ruisseau de la ferme de la source ;
". . . considérant que la pratique du jeu de quilles n'est plus dans les habitudes locales, le terrain ne présente plus un intérêt que pour les propriétaires du château à cause de l'orangerie et du verger, la commune renonce à ses droits, pourtant imprescriptibles, sur ce terrain contre un engagement des propriétaires du château de donner à bail un local approprié pour y installer la mairie."

Le 25 décembre 1921, M Lefrère Alphonse est élu Maire, M Deloge reste adjoint.

1922.
MM Duyck et de Noinville démissionnent du conseil municipal. Avec le décès de M Mauger, il est nécessaire de procéder à une élection complémentaire.

Une ordonnance de référé du tribunal en date du 9 novembre accorde jusqu'au 29 décembre pour rendre libre le bâtiment à usage de mairie. Le conseil décide de s'y soumettre et de ne pas faire appel.
Un devis de M Solo chiffre la construction d'une nouvelle mairie à 22.311F (23.260€ 2009)

La querelle avec M Duyck s'envenime à propos du presbytère.
En vendant son domaine, M Duyck s'est bien gardé d'informer le conseil municipal de l'embarras dans lequel il mettait la commune et qu'il pouvait éviter en lui rétrocédant ses droits au bail du presbytère, qu'il a au contraire cédé à une personne habitant le château et qui était par suite un obstacle à la vente de son château.
M Duyck était donc à la fois Maire, propriétaire de la Mairie, et sous locataire du presbytère, bien communal.
Par ses actes,
" M Duyck a servi ses intérêts particuliers au détriment de ceux de la commune qu'il administrait."

Pour ces raisons, le Conseil demande à MM le Sous-préfet, Préfet et Ministre de l'Intérieur, supérieurs hiérarchiques du maire, et investis de la surveillance de l'administration communale, si l'autorité judiciaire n'a pas qualité pour connaître des faits énoncés ci-dessus.


L'ancien presbytère. La fenêtre en bas à gauche éclaire la pièce unique de la petite Mairie. Photo YB Octobre 2010

Opération : récupération du presbytère.

En application des clauses du bail du presbytère, Me Binet, huissier à Orbec a été chargé de donner congé à M l'Abbé Leroy, desservant de la commune et locataire du presbytère pour le 24 juin 1923, signification donnée le 22 juin 1922.
Me Binet a aussi délivré signification à M l'Abbé Leroy d'avoir à vider et rendre libre les lieux et faire vider ces lieux par ses sous-locataires.

En septembre, M Coiseur, locataire du presbytère, s'engage à libérer le logement dans les six mois.

L'arrangement final.

M Barbe, demeurant 9 Avenue de Clichy à Paris 17ème, propose à la commune de louer le presbytère.
Il offre de faire faire à ses frais la maçonnerie et la menuiserie nécessaire pour isoler la cuisine et l'arrière cuisine actuelle des autres pièces, avec une entrée particulière sur la route, au pignon même du bâtiment, afin que la commune puisse y installer la Mairie.
En compensation des frais engagés, M Barbe demande une garantie sur une durée minimale du bail, et un loyer annuel limité à 300F (313€ 2009). Impôts et assurances seront à la charge du locataire.
[M Deloge, adjoint, est le beau frère de Mme Barbe.]

La Mairie retrouve un toit.

Cette proposition sera acceptée, malgré deux courriers du Sous-préfet regrettant que le bail n'a pas été accordé par adjudication.
C'est le local actuel de la mairie.

Avril 1923.

Dès 1923, les réunions du Conseil municipal se tiennent dans la nouvelle Mairie.
M Barbe, locataire, demande la réparation de la couverture et du parquetage.
La vie municipale reprend son petit train train.

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