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Dernière mise à jour le :
samedi 19 janvier 2013
15h30

 



5 - L'EGLISE SAINT MARTIN


Crédit photo : http://tourisme.aidewindows.net/saint-martin-de-bienfaite-la-cressonniere.htm

Le clocher de mon église.
N'en déplaise aux partisans de la doxa à la mode chez nos intellectuels bobos, "élite" auto-proclamée, pour qui notre belle France doit abandonner son identité, ses valeurs traditionnelles, laisser la civilisation chrétienne s’éteindre au profit d’une autre pour devenir " multiculturelle ", "multiethnique", "métissée", "de la diversité", "du vivre ensemble", "du pasdamalgame", le clocher de la petite église de Bienfaite se dresse comme un bras d'honneur à toutes ces foutaises !
La France chrétienne est née il y aura bientôt 2 000 ans. Voir le clocher de l'église dans nos petits villages normands, toujours entourée d'un cimetière où reposent nos morts dans le respect dû aux personnes défuntes, rappelle en effet que nous, peuple français, avons des racines et une identité forte forgée par l'Histoire et profondément marquée par le Christianisme.
Saint Martin, à qui est consacrée notre église, est mort en 397, c'était il y a 1 600 ans. Nos anciens nous ont légué ce petit bijou d'église. Comme le veut la Tradition, sachons la préserver et à notre tour, la transmettre à nos enfants avec les valeurs qu'elle symbolise. YB 1999

Une première église sans doute romane.
Entre 1199 et 1201 un "accord entre Guillaume, évêque de Lisieux et son chapitre d'une part, et l'abbé et les religieux du Bec de l'autre, à l'occasion de l'église de Benefacta (Bienfaite). L'église de St germain de campania fut cédé à l'évêque et l'église de Beuvron aux moines."
"Sont intervenus illustrissime roi anglais Jean Guillaume Maréchal comte de Pembrock et plusieurs autres.
"
Cet accord a dû être conclu à l'occasion de la consécration d'une première église de Bienfaite. Eglise détruite au cours de la guerre de cent ans, vers 1337.

Bibl. nat. fond latin manusc, 13 905

L'église paroissiale actuelle date de fin du XVème, début du XVIème siècle. D'une grande simplicité, elle a été réaménagée au XVII et XIXème siècle. Le retable de style Louis XIV est somptueux. L'église est inscrite à l'inventaire supplémentaire en 1926.
Le plan rectangulaire des églises les plus anciennes se retrouve ici : une nef de trois travées et un chœur, en retrait, moins haut et plus court, en deux travées. (Les petites églises rurales du Pays d'Auge ne sont pas en forme de croix. Les deux autels latéraux tinnent lieu de transept.) Une sacristie a été ajoutée en enfilade.
Marque d'une certaine opulence, la tour clocher n'est pas ici en charpente légère, mais sa solide base en pierre prend appui sur le pignon ouest. La base du clocher est ouverte sur la nef.

Saint Martin. Un dicton Normand prétend que : " Martin et Marie se partagent la Normandie".
Martin est cet officier de cavalerie de l'armée romaine qui coupa en deux sa cape pour la donner à un pauvre hère qui se mourrait de froid. Devenu évêque de Tours, mort en 397, il est devenu immédiatement très populaire.
Le culte à St Martin est probablement la christianisation d'un culte païen plus ancien.
Saint Martin, patron de la paroisse, est représenté ici en pied.
St Martin était représenté primitivement sur son cheval. Dans une société rurale et agricole, le cheval tenait une place très importante dans la vie de tous les jours. L'Eglise soupçonna que, dans la mentalité populaire, le cheval avait presque autant d'importance que Saint Martin ! Des recommandations papales firent rectifier la chose pour aboutir, comme ici à Bienfaite, à une représentation "religieusement correcte" de Saint Martin en Evêque. Cependant, il existe encore, comme à Marolles où au Mesnil-Oury, une représentation dite "en Charité" de St Martin à cheval.
La dédicace à Saint Martin est un indice de l'ancienneté d'un lieu cultuel catholique.

VISITE GUIDÉE

En entrant dans l'église, laissez vos a priori esthétiques ou religieux au vestiaire.
Située entre la motte féodale et le château actuel, vous serez conquis par le paysage qui lui sert d'écrin. Rien ou presque n'a changé depuis quatre siècles. Vous serez ému par l'atmosphère de foi vive de ce sanctuaire, son exubérance décorative, sa simplicité campagnarde, son mobilier hétéroclite. C'est ce mélange qui lui donne son indéfinissable charme.

1 - Le bâtiment. D'après l'Abbé Alphonse Le Roy, curé de Bienfaite de 1899 à 1922 (voir liste des curés), "...il a existé une première église romane dont il subsiste quelques pierres sculptées au gable de l'abside. Elles ont des dessins alvéolaires semés de tétraèdres et d'étoiles, ornements antérieurs au 10ème siècle. Cette église primitive a dû être détruite pendant la Guerre de Cent Ans (vers 1337). Une seconde église fut bâtie fin du XIVème avec une partie des restes de la première église romane. C'est le sanctuaire et le chœur de l'édifice actuel [partie gauche sur la photo du haut]. Fin du XVème on transforma cette chapelle seigneuriale en abattant le mur occidental et en bâtissant à la suite la nef flamboyante actuelle."

Le chœur, partie la plus ancienne, est construit par alternance d'assises horizontales de travertin local et de petits silex noirs soigneusement taillés. Cet technique conforte la date d'édification au XVème. La nef a été réalisée en pierres de tailles de grand appareil, sauf la base et les contreforts qui sont en grès de Saint-Laurent-des-Grès.
Chœur et nef sont de plan rectangulaire. Les contreforts s'appuient jusqu'au sommet des murs. Douze fenêtres, dont cinq à deux meneaux et six à un.
A l'extérieur, sur le mur nord du chœur, la porte d'accès de l'ancienne chapelle, porte condamnée au 19ème. C'est un petit portail décoré d'une moulure en parenthèse renaissance. Cette issue était utilisée par les châtelains. La porte d'accès à la nef du mur nord (à droite sur la photo) a été percée au 19ème, après une vive controverse municipale, en remplacement de celle du pignon occidental murée.

L'abbé Le Roy nous indique que des travaux important ont été effectués avant 1903 (en réalité 1884) à l'occasion desquels les voûtes de la nef et du chœur ont été décapées de leur badigeon blanc et restaurées en merrain (planches de chêne) et charpente apparente. De petits entrelacs peints non figuratifs décorent les intersections de charpentes (on distingue cependant des dragons et des têtes de fous). L'effet est rustique, presque rude, mais d'une beauté réelle.

2 - Le maître-autel. Ce très bel ensemble est représentatif de cette époque (1660-1710) caractérisée par un renouveau religieux, initié par le concile de Trente, qui apporte aux églises du Pays d'Auge une note de vivacité somptueuse.

L'autel est un simple parallélépipède. Si les côtés en sont dépouillés, le devant (antependium) présente aux yeux des fidèles un chérubin aux immenses ailes dorées et des guirlandes, exécuté d'après un modèle du XVIIème siècle.

3 - Le tabernacle comporte deux étages, l'inférieur contenant les Saintes Huiles. Sur la porte Jésus-Christ Rédempteur. Sur les côtés les quatre évangélistes, Matthieu (ange), Marc (lion), Luc (taureau), Jean (aigle).
Ces attributs codifiés permettaient une identification des personnages représentés en peinture, en statue ou sur vitrail, par des fidèles analphabètes.
La symbolique chrétienne, l'homme-ange, le lion, le taureau et l'aigle, a repris, sans rien y changer, la symbolique mésopotamienne connue à Ur bien avant Ezéchiel. Curieuse permanence des thèmes par-delà les civilisations, les religions et le temps.

Il est surmonté d'un campanile ajouré coiffé d'un dôme.

Le tabernacle actuel n'est probablement pas le tabernacle originel. Il n'occupe pas toute la largeur de l'autel, il lui manque ses ailes latérales. Le détail des sculptures ne correspond pas avec le reste du retable et sont même de médiocre qualité. Arcisse de Caumont dans sa Statistique monumentale mentionne un tabernacle comme gisant "dans les greniers du clocher". Le tabernacle actuel doit provenir d'une autre église.
Une comparaison avec des cartes postales d'époque 1900 montre que le tabernacle a été peint (ou repeint) au 20ème siècle. Les couleurs trop vives donnent un résultat qui ne possède pas, loin s'en faut, l'élégance du retable.

4 - Le retable de proportion très harmonieuse, est de style "baroque". Sa délicate coloration en bleu pastel et dorures abondantes donne un ton joyeux à l'ensemble.
Composition tripartite divisée par quatre colonnes torses chargées de pampres (branche de vigne garnie de ses feuilles et de ses fruits), d'amours et de petits anges dorés. ( la torsion inversée symbolise le prière qui monte vers Dieu et retombe en grâces sur les fidèles.) Il est surmonté d'un attique (partie supérieure du retable). Les ailes forment un léger angle avec la partie centrale. Il est placé contre le mur de chevet, l'accès à la sacristie s'effectuant par une porte peinte dissimulée dans la partie droite du retable.

Les stylobates (base des colonnes torses) sont peints en faux marbre et supportent des candélabres. Les colonnes portent un entablement formant corniche décorée de frises. Cette corniche, droite sur les cotés, adopte une forme trapézoïdale au centre afin de couronner un Père Eternel en mascaron (tête en relief) entouré de six chérubins. Plus haut, l'attique ou niche terminale, flanquée de belles cariatides, abrite le Christ ressuscité avec sa croix en fuseau et le globe terrestre à ses pieds. De chaque côté de l'attique, très classiquement, des anges assis à califourchon, dans une posture gracile, encadrent le motif terminal. Ils tiennent les instruments de la Passion, l'un la lance qui a percé le cœur du Christ, l'autre l'éponge (imbibée de vinaigre). Tout en haut, quatre pots-à-feu : deux beaux vases drapés et deux plus petits qui remplaceraient ceux volés selon Arcisse de Caumont.

Dans la partie centrale, au cintre supérieur décroché, dans un cadre ouvragé lui même encadré de chutes de fruits, une peinture sur toile représentant la Descente de Croix, inspirée de Rubens. Joseph d'Arimathie, aidé de Marie-Madeleine, détache le corps de Jésus de la croix avant de lui donner une sépulture. Le Descente de Croix invite à méditer sur le sacrifice du Christ et sur l'expérience universelle du deuil et du chagrin.

Les statues des ailes du retable sont Saint Martin à gauche, côté Évangile, patron de la paroisse, représenté en évêque tenant une croix de Lorraine ou "croix de Jérusalem" (la barre supérieure représente l'écriteau INRI), et à droite, côté Épître, Saint Maur en moine tenant un livre. Cette statue provient de l'ancienne chapelle, aujourd'hui démolie, du hameau St Maur.
Au dessus de ces statues, médaillons en relief figurant le Christ et la Vierge, en dessous, médaillons à deux têtes de chérubins.

A gauche, à la base d'une colonne, une inscription : "En 1776 cette contretable a été doré par la munificence de Maître César François Gosselin curé de ce lieu".

Sur le devant du sanctuaire, au centre, l'autel moderne, style Ikea, de la nouvelle liturgie Vatican 2.

                 



5 - Les autels latéraux


Photo Jean Desbonnet
Gros plan sur la petite souris de la colonne droite de l'autel latéral de la Vierge Marie.
Le serpent apparaît aussi sur ces colonnes. Le serpent évoque le Diable, mais ce bestiaire a t-il d'autres sens cachés ? Cette photo permet d'apprécier le travail du sculteur.

Ils sont en chêne sculpté, et reprennent les motifs fruits et vignes des colonnes du retable central. En Normandie, il est de règle que l’autel latéral nord, qui occupe hiérarchiquement la première place après le maître-autel, soit dédié à la Vierge, alors que l’autel latéral sud était réservé aux patrons secondaires de l’église et aux saints guérisseurs. Cette hiérarchie est respectée. La Vierge à l'Enfant est couronnée d'or et revêtue d'une robe d'or. A droite, l'autel sud est consacré à saint Jean Baptiste, qui baptisa le Christ dans le Jourdain.
Selon la Statistique Monumentale, l'un de ces autels a été réalisé par le sculpteur lexovien Léonard au 19ème siècle.

6 - Les statues. Outres celles signalées ci-dessus on trouve, en partant dans le sens des aiguilles d'une montre après l'autel de St Jean Baptiste : Le Sacré-Coeur de Jésus, Jeanne d'Arc, Bernadette de Lourdes, Saint Antoine de¨Padoue, sous le clocher : Saint Benoît, la petite Thérèse de Lisieux notre star locale (sa statue fut installée solennellement le 28 septembre 1924), Marie, et dans le chœur côté Évangile, Saint Joseph.
A l'extérieur, au couchant, sur l'ancienne porte murée, statue en pierre de Saint Martin.

7 - Les vitraux. Ils ont été refaits en totalité entre 1893 et 1905. Dans quel état étaient les anciens vitraux, de quand dataient-ils, que représentaient-ils ? Quelles que soient leurs bonnes intentions, les restaurations entraînent parfois des pertes irréversibles.
Le nom des donateurs est indiqué dans le bas.
- Delaunay Famille (donateur)
- Lanquetot Veuve (donateur)
- Lanquetot Charles et Maurice (donateur)
- Lecomte Veuve (donateur)
- Lebuquer Veuve (donateur)
- Don des propriétaires non habitant
Epoque des restaurations : 3eme quart 19eme siècle ; 1er quart 20eme siècle
Date(s) 1893 ; 1903 ; 1871 ; 1909 ; 1905
Ces dates portées sur les verrières tendent à montrer que le même artiste effectua plusieurs campagnes plus ou moins proches dans cette église.

La thématique invoque l'histoire et les valeurs traditionnelles religieuses et patriotiques Françaises. [Aucune référence au régionalisme normand.]

En partant de l'autel côté Epître (à droite), et en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre :
- Druides et soldat gaulois.Cette verrière représente la première appparition de la Vierge en Gaule dite "apparition à la vierge qui va enfanter".
- Baptême de Clovis. (Fondateur de la monarchie franque, baptisé en 496)
- Saint-Louis ramenant la Couronne d'Epines. (1215 - 1270)
- Jeanne d'Arc. (1412 - 1431) Sainte Jeanne d'Arc entendant les voix ; sainte Jeanne d'Arc assistant au couronnement du roi Charles VII
- Saint Vincent de Paul, prédication. (1581 - 1660 Apôtre de la charité et de la fraternité)
- Chapelle Saint Maur. (petite fenêtre sous le clocher). Représentant une famille entrant dans une petite église.
- Saint Martin. (pignon ouest) en charité, en Évêque et en fondateur en 372 de l'Abbaye de Marmoutier
- Louis XIII consacre la France à la Vierge Marie. (vœu du 11 décembre 1637)
- Sainte Geneviève. (420 - 512 Soutint le courage des parisiens lors du passage d'Attila). A gauche, l'Evêque Saint Germain qui assura l'éducation de Geneviève.(Sainte Geneviève ; saint Germain d'Auxerre bénissant sainte Geneviève ; sainte Geneviève patronne de Paris)
- Charlemagne. (742 - 814)
- Saint Denis de Paris portant sa tête coupée jusqu'à sa sépulture. Premier évêque de Paris. Martyrisé vers 270 ; discours de Monseigneur Fournier du 4 septembre 1870 pour élever une basilique à Montmartre (Paris).
- Maguerite Marie Alacoque (1647 - 1690) et le Sacré-Cœur.

Certains vitraux sont signés , d'autres pas. Citons Maurice Muraire d'Évreux, associé de Duhamel-Marette, qui prit sa succession au début du siècle et dirigea l'atelier jusqu'à sa mort au champ d'honneur en 1914. Un vitrail est signé Paré peintre verrier à Évreux.

Autres dédicaces : "Virgini Pariturae" ; "A la mémoire de feu M. le curé Loir 1868-1890" ; "1903". "Montjoie Sainct Denis Gallia penitens et -ota S.C.J" ; "280" ; "1871" ; "Furbundi caluimontenses". "Vive le Christ qui aime les francs" ; "Noël ! Noël 496" ; "430 Troyes Auxerre" ; "422-512 Arcis-sur-Aube" ; "450 Nanterre Lutéce" ; "Domremy Orléans Vaucouleurs Patay Chinon 1425" ; "1412-1431 Rome 1909" ; "Reims Paris Compiègne Rouen Lisieux 1429" ; "Regnum Galliae Regnum Mariae" ; "1643". "Sabarie Amiens Poitiers 351" ; "316-400" ; "Ligue Tours Marmoutiers 360". "Saint Maur priez pour nous".

Anges musiciens dans les tympans de nombreuses baies.
Si vous cherchez bien vous distinguerez, sur l'un de ces vitraux, un tout petit ange rouge. Symbolise t-il le démon ? Il paraîtrait qu'il s'en trouve un dans toutes les églises.



8 - Les armoiries des voûtes.
Peintes sur toiles et marouflées à la céruse sur leur écusson de chêne elles servent à cacher la coupe des poutres transversales (enlevées imprudemment en 1884). Elles résument l'histoire de l'église de Bienfaite par ses Patrons, Seigneurs et Bienfaiteurs.

Les seigneurs de Bienfaite :
- Les Seigneurs de Bienfaite qui patronnèrent la paroisse pendant 600 ans avant 1640 : "De sinople à l'aigle d'or."
- L'Abbaye du Bec à cause de son patronage antique et passager vers 1077 à 1134. "De gueules, semé de fleurs de lys d'argent." Fond rouge parsemé de fleur de lys or.
- Guillaume Le Maréchal. Parti d'or et de sinople, un lion de gueules brochant sur le tout.
- Les d'Orbec. "D'or au lion rampant de gueules." (Fond or, lion dressé rouge.)
- Les Marquis de Chaumont-Quitry qui leur ont succédé par alliance vers 1628 durant plus de 200 ans : fascé d'argent et de gueules de huit pièces (comprendre divisé en quartiers, dont certains avec des bandes horizontales rouges et blanches).
- Les Comtes Durey de Noinville; propriétaires actuels du château, qui succédèrent par achat aux Chaumont Quitry vers 1840. Fond noir, croix et montagne blanche. "De sable au rocher d'argent surmonté en chef d'une croisette de même."
- Les Grollier. Par alliance aux de Noinville. "D'azur, trois besants abaissés d'argent, surmontés de trois étoiles de même."

Les familles locales :
- Les Bouquetot, alliés des Chaumont-Quitry qui étaient pourtant d'ardents calvinistes. Les Bouquetot ont été, par alliance, le lien entre les anciens seigneurs de Bienfaite et les Chaumont-Quitry. Il ne s'agit donc pas là d'une question religieuse mais bien d'une raison historique et paroissiale. Cinq bandes, trois rouge et deux or, hermine noire sur fond blanc. "De Gueules à deux fasces d'Or au franc quartier d'hermine brochant su le tout."
- Les Hacqueville. Fond blanc, chevron noir (de sable) avec six têtes de paon d'azur, trois têtes (deux et un) paon d'azur également.
- Les Hélix d'Hacqueville. Fond bleu, chevron or, trois fleurs de lys argent. "D'azur au chevron d'argent, trois (deux et un) fleurs de lys au naturel."
- Les Lienard. Fond blanc, aigle à deux têtes noir. Les Lienard sont les descendants des Hacqueville.
- Les Du Merle. "De gueules à trois Qintefeuilles d'argent" (Fond rouge, trois fleurs (deux et un) or à cinq pétales.
- Les Foucques de la Pilette. "De sable a un lion contourné de gueules et une une cigogne d'argent, affrontés". Fond noir, lion et oiseau or. Le lion soutient un lys d'or.
- Les Le Sec de La Cressonnière. "D'Azur au chevron d'Or, à trois coquilles d'Argent, deux et un."

Certains blasons ne sont pas encore identifiés avec certitude.
Sur le vitrail dédié à Jeanne d'Arc, on peut remarquer le blason de Jeanne.
Voir les blasons en photos Les blasons de l'église.

La présence dans l'église des blasons des seigneurs de Bienfaite résulte de l'article 142 de la Coutume de Normandie. Ces "honneurs" suivant le commentaire de Paynel consistaient "... dans la précédence dans les Processions, et dans les autres cérémonies qui se font dans l'église : l'aspersion de l'eau bénite, l'offre du pain bénit, la demande de l'offrande, et l'encens tant à lui qu'à son épouse et à sa famille, après le Clergé; dans la séance et la sépulture dans le chœur, dans les Armoiries que les Patrons pouvoient faire apposer dans les églises..."


9 - Mobilier divers. Près de l'autel un imposant lutrin. La très belle chaire est en chêne sculpté. Sur les cotés, angelots sur des grappes de fruits, sur le devant, le triangle de la Sainte Trinité surmontant un agneau sur la table du sacrifice. Sous le dôme la colombe du Saint Esprit.
Les bancs, renouvelés en 1936, ont été fort heureusement conservés depuis. Ils sont fixés sur un plancher qui présente l'avantage d'isoler du froid. (Une mode récente voulait que les bancs soient remplacés par des mauvaises chaises.) Au sol le carrelage en mosaïque est de 1931. Longtemps les églises du Pays d'Auge ont conservées leur sol de terre battue, ce qui facilitait les inhumations mais laissait à désirer côté hygiène. Le confessionnal est ordinaire. Les fonts baptismaux sont très simples. Sous le plafond du clocher on peut remarquer les quatre passages de cordes pour les cloches.
Près des fonts baptismaux et du bénitier, une Exposition (du Saint Sacrement) en bois doré, avec deux têtes de chérubins.




Chaperons des frères de charité de Bienfaite.
Il n'y a plus de chariton depuis plusieurs décennies à Bienfaite. Mais ces chaperons prouvent qu'il a bien existé une confrérie dans cette paroisse.

Pour leur bonne conservation, les chaperons ne sont pas visibles, rangés dans une armoire.

 

 

 

 

 

 

10 - Notations religieuses. On remarque la place importante, dans cette église, du Sacré-Cœur de Jésus. Le Sacré-Cœur symbolise l'amour de Jésus pour les Hommes. Le culte du Sacré Coeur à été initié par Marguerite Marie Alacoque et Jean Eude. La fête du Sacré-Cœur a été approuvée par le pape Clément XIII en 1765 et étendue à tout le monde catholique par Pie IX en 1856. C'est Léon XIII (1878-1903) qui rédige l'Acte de Consécration du genre humain au Sacré-Cœur.

St Maur naquit à Rome en 512 dans une des familles patriciennes de la cité. Très vertueux, il fut rapidement remarqué et, dès l’âge de douze ans, confié à St Benoît dont il devint un des disciples les plus estimés. Benoît (fondateur de l'ordre des Bénédictins) l’emmena avec lui au Mont-Cassin pour l’aider dans sa tâche de construction et d’évangélisation. Maur dirigea plusieurs monastères avant de se retirer et de mourir le 15 janvier 584.

St Martin naquit à Sabariat (Europe centrale) en 316 de parents païens. Officier de l'armée romaine (comme son père) il se fit baptiser en 339. Dès lors, il demanda son congé et partit pour Poitiers où il répandit la religion. Il montra de grandes vertus, opéra des miracles, notamment la résurrection d’un enfant et la guérison d’un lépreux. Il mourut le 11 novembre 397. Son tombeau à Tours fut immédiatement l’objet d’un culte et d’un lieu de pèlerinage.

La St Martin se fête le 11 Novembre. Cette fête est depuis 1918 éclipsée par l'anniversaire de l'armistice. C'était auparavent une fête très importante. Témoin le récit fait par René Descartes de sa nuit du 10 au 11 novembre 1619 durant laquelle il fit trois rêves importants. Et parce qu'on aurait pu attribuer son enthousiasme à "ce qu'il aurait bu le soir avant que de se coucher", car c'était la veille de la Saint-Martin "au soir de laquelle on avait coutume de se débaucher", Descartes assure, pour prévenir toute méchante critique, "qu'il avait passé le soir et toute la journée dans une grande sobriété et qu'il y avait trois mois entiers qu'il n'avait bu de vin".

St Martin est représenté à Bienfaite tenant une croix de Lorraine à deux croisillons de forme byzantine dite "croix des grecs". Est-ce par référence à son origine d'Europe centrale? Ou bien est-ce simplement une croix patriarcale ?

Au cours d'un voyage en Allemagne, j'ai découvert à Aschaffenburg, à la Collégiale St Pierre et Alexandre (Stiftskirche) la même représentation de St Martin. Comment l'influence de St Martin s'est-elle étendue jusque là bas ?

Pour en savoir plus sur la vie de Martin, sur votre moteur de recherche taper : Sulpice Sévère.

Thérèse Martin, Alençon, 1873 — Lisieux, 1897. Entrée à quinze ans au Carmel de Lisieux, où elle prit le nom de Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face, elle y vécut dans une extrême simplicité, en suivant la « petite voie ». Morte de tuberculose à 24 ans. Elle fut canonisée en 1925 et proclamée docteur de l'Église en 1997.

Les anges. On remarque leur place importante sur l'autel. Seuls sont autorisés, les trois anges qui figurent dans la Bible : Raphaël, qui veut dire Dieu qui guérit ; Gabriel, le héros de Dieu ; Michel, l'égal de Dieu. Aujourd'hui, le Vatican entend réagir contre les cultes renaissants des anges, dans le sillage des pratiques pseudo-religieuses du Nouvel Age, et contre cette superstition qui tend à attribuer à son ange gardien chaque succès ou bon résultat et au diable les petits ennuis quotidiens.

Les libellés en latin
Au plafond de la nef :
Instaurare omnia in Christo : Renouveler toutes choses dans le Christ, ou Rétablir toutes choses dans le Christ, ou Mettre en place toutes choses dans le Christ (Épître de Paul aux Ephésiens)
Vivere Christus est : La vie c'est le Christ. (Épître de Paul aux Philipiens).

Sur les crucifix :
I.N.R.I : acronyme de Iesus Nazaremus Rex Iudaeorum : Jésus le Nazaréen, Roi des Juifs.
Inscrit par les Romains sur la croix de crucifixion de Jésus, condamné à mort par le Préfet romain de Judée, Ponce Pilate. Les romains voulaient railler celui qui se proclamait le Messie.
Les principaux sacrificateurs (grands prêtres) des Juifs dirent à Pilate : N`écris pas: Roi des Juifs. Mais écris Qui s'est dit Roi des Juifs. Pilate répondit: Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit.

Dans la sacristie, cette horloge encadrée de ce libellé :
Ora ne te rapiat hora
unam time
ultimam

Prie pour que l'heure ne te prenne pas
crains en une
la dernière

 

 

 
11 - Le clocher

Le coq du sommet du clocher est un symbole différent de celui du monument aux morts. Le coq d'église rappelle celui qui chanta trois fois lorsque Pierre nia connaître Jésus lors du procès du Christ.
C'est aussi le symbole de l'arrivée de la lumière du jour naissant chassant l'obscurité de la nuit, comme la Christianisme est la nouvelle lumière de l'humanité.

L'église de Saint-Martin-de-Bienfaite est une des rares églises de ce secteur du Pays d'Auge, avec celle d'Orbec, à compter quatre cloches.
Ces cloches ont été fondues par Bollée du Mans en 1869. A noter que la plus petite des cloches possède encore une pédale en bois pour la sonnerie au pied.
Selon un amateur éclairé, les notes de ces cloches sont : Do4 La3 Sol3 Fa3.

Historique des cloches :
Description de la première cloche : J’ai été bénite par Messire Thomas Boissel (ou BOISSET), prêtre, curé de ce lieu et nommée par Louis du Val, sieur du Besneré et Anne Regnoult, femme de Jean le Vavasseur, sieur du Buisson, échevin de la Charité, l’an 1672.
Deuxième cloche : l’an 1819 j’ai été bénite, nommée et donnée par Monsieur François Boullie, né à St Germain d’Aulnay, département de l’Orne, ancien curé de Saint Martin de Bienfaite. L. Maire et P.Cartenet, fondeurs.
Sté historique de Lisieux. Achives ShL.

Écouter sonner les cloches de Bienfaite
Enregistrées le 16 novembre 2012.

Lire en pages Histoire le pillage de l'église par les révolutionnaires Histoire de Bienfaite en 1794 et le courage du curé de la paroisse, François Boullie.

En savoir plus sur les blasons et les voir en photos Les blasons de l'église de Bienfaite .

-" L'religion cé t-y pas bizarre qu'é m'disi : est auparavent que l'cô chante treis fé qu'Saint Pierre r'nia san Maît'. N'empêche qu'i tient tout d'mêyme les clefs du Paradis !
Maît' Jules".

 


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Cette carte postale apporte des indications précieuses sur les transformations de l'église dans le temps.
Le cachet de la poste (faisant foi !) est daté d'octobre 1902, bureau de Caen. La photo est donc antérieure à cette date.
Remarquez la porte d'entrée à droite et comparez avec la photo du haut de page. Elle est plus basse que l'actuelle (sous le bandeau de mi-hauteur du mur) et est surmontée d'une niche.
Même chose pour l'abat-son du clocher qui est encore rond, peut être une horloge ?
Les reflets dans les vitraux sont différents des reflets des vitraux actuels. Ce sont encore les vitraux d'avant leur réfection de 1903-1905.