VIVRE A
SAINT-MARTIN-DE-BIENFAITE - LA CRESSONNIÈRE


Un village en Normandie



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Dernière mise à jour le :
lundi 5 Avril 2004
22h50

jeudi 25 octobre 2007




Crédit photos Jean-Claude Janvier

 




Souvenirs d'enfance 1944
Voyage à Middle Wallop GB 2007
Les copains de régiment 2007


Souvenirs de 1944 et 1945.
Je suis né un an avant la guerre de 1939 - 1945 à Saint-Martin-de-Bienfaite. C'est là que j'ai passé ma petite enfance, au lieu dit Le Mannetoc. Cette enfance fut marquée bien évidemment par la guerre dont j'ai compris, avec mon père, tous ses malheurs.

Dans le bourg de Bienfaite le château fut occupé par l'armée allemande en tant que Kommandantur et repos des troupes revenant du front de l'est. Le château Launay fut aussi réquisitionné et servit de PC de commandement. Dans la ferme du " Manoir du Parc " habitée par la famille d'Emile Allaume, logeaient des officiers qui y couchaient mais prenaient leurs repas au château.
Dans le pré attenant au Manoir, ancien labour dit " la couture " loué aujourd'hui à M Depréaumont, il reste les traces d'un tank allemand enfoui en position défensive. Au pain de sucre, des pièces de canons furent montées face à la vallée et à Saint-Germain-la-Campagne. Il reste des traces des terrassements des ces emplacements.

En 1944 mon père fut réquisitionné pour monter la garde des ponts sur la ligne de chemin de fer Orbec/Lisieux. Il montait la garde également sur la côte de Saint-Maur, dans le virage face à la vallée afin de surveiller d'éventuels parachutages alliés. Gazé à la grande guerre, les pieds gelés, combattant à Verdun, Ypres, Douaumont, les Eparges, mon père fut enfin dispensé de ces gardes. Il mourut le 13 décembre 1945.

La voie ferrée passait sur ce petit pont aujourd'hui démoli. En arrière plan, à quelques mètres des rails, la maison de monsieur Janvier. Passant sous ce pont, le petit chemin menant à des herbages en contrebas a été remblayé.

 

  Notre maison au Mannetoc était à dix mètres de la voie ferrée Orbec/Lisieux. Cette voie unique secondaire était très utilisée par les Allemands, car dissimulée par les haies vives qui la bordaient de chaque côté. Les trains de munitions, de chars, de véhicules en camouflage y circulaient, surtout durant les combats de la libération. Au Mannetoc, la voie est en montée. De nombreuses fois, les trains trop lourds restaient bloqués devant chez nous. Les Allemands faisaient appel à Lisieux ou Sainte-Gauburge pour envoyer une locomotive supplémentaire afin de pousser, ou tirer, le train.
On peut imaginer que mes parents n'appréciaient pas du tout ce voisinage encombrant car l'aviation alliée recherchait ces convois pour les attaquer. Durant l'attente, le mécanicien français de la locomotive venait à la maison se faire offrir une verre de cidre.

La libération.
Le lendemain du bombardement de Lisieux du six juin (ou dans les jours qui suivirent), avec ma mère, nous avons pris le train pour Lisieux. La place de la gare n'était plus que ruines.
La ville d'Orbec a été bombardée le 22 Août. A mon souvenir, deux endroits ont été touchés : la rue Croix aux Lyonnais et la place de la Poissonnerie.
A Orbiquet, près du pont Bailey, cinq Canadiens ont été tués et inhumés dans le terrain devant le bâtiment aujourd'hui transformé en habitation (coté étang).
A la halte-gare d'Orbiquet, avant le passage à niveau, deux Canadiens ont été tués et inhumés dans l'angle du virage.
Nous marchions sur la petite route d'Orbec, quand un officier SS en tenue noire impeccable, qui circulait à bord d'un véhicule décapotable ou amphibie, a été tué d'une balle dans la tempe par des Canadiens. Cette scène brève mais d'une extrême violence ma profondément marquée. Je revoie encore le trou noir dans la tête. Il a été enterré avec un autre soldat dans l'entrée d'un champ appartenant aujourd'hui à M Bail. Je ne sais pas si ces corps ont été relevés.
La dernière maison à la sortie du bourg sur la route du Mannetoc appartenait à Mme Daufresne. Un général y logeait. Juste avant son départ précipité en Août 1944, ce général a conduit le char affecté à sa garde personnelle dans la mare juste derrière l'école, avant de le saboter pour le rendre inutilisable.
Au hameau Launay, sur la grande route Orbec/Lisieux, un convoi allemand a été mitraillé, juste devant chez Mme Trelcat. Le convoi a entièrement brûlé.
La marraine de guerre d'Orbec fut la ville d'Enghiens-les-Bains. Une des fêtes de célébration de la libération d'Orbec fut animée par la joyeuse " Commune libre de Montmartre ".

Quelques souvenirs d'après guerre.
J'ai connu Mme Hugnin comme institutrice. Son époux était chef de gare, il a été ensuite remplacé à ce poste par Mme Pierre Hunou.
En 1948 M et Mme Decaen sont instituteurs.
A Launey, la maison où habite aujourd'hui Jacques Allaume, a été habitée par M Deshaies, cultivateur, puis par Mme Marie Langlois, qui le jour de son centenaire a ouvert le bal avec le maire M Gustave Ruffray. Elle est décédée à l'âge de 107 ans.
La briqueterie de Noinville a été exploitée en 1946/47 par M Servy, de la Cressonnière, pour très peu de temps.
La filature Jean Martin en limite de Bienfaite/La Chappelle-Yvon a brûlée accidentellement. C'est une étincelle produite par une machine effilocheuse conduite par Mme Frazie Delecluse qui a enflammée la poussière.
Aux établissements Lanquetot c'est une réserve de vieux pneumatiques qui a brûlée. M Emirzey était le chef (?).
A Bienfaite un bâtiment appartenant à M Emile Allaume a brûlé. L'incendie a été provoqué par M Gustave Delecluze. Un madrier enflammé, pourvu d'une girouette, est tombé sur la route blessant un pompier. J'ai été témoin de cette scène car j'allais à bicyclette travailler chez Leroy à Lisieux, il était 3h30 ou 4h du matin.
M Aumont, qui avait adopté Jacques Rolland tué en Algérie, était chauffeur de car à la SOFICA, ligne Lisieux/Orbec. Il existait aussi les cars " les Courriers Normands " qui allaient jusqu'à Caen.
Les herbages " la Couture de Launey " et " les Hautiers " sont situés au Mannetoc. Le " grand herbage " et " la cours aux cent bœufs " sont les deux noms du même champs, derrière l'actuelle salle des fêtes.

Origine de ma maison au Mannetoc.

Ce qui suit provient d'actes notariés en ma possession.

Le 23 Septembre 1857,
En l'étude de maître Le Maître, notaire à Orbec,
Vente par M et Mme Cazanos à M Casanos, d'une propriété enclavée par M Masselin, de l'autre une venelle au delà de laquelle M Peulhvey, à l'autre bout représentant Cagnard, d'une fontaine enclavée dans la propriété du sieur Masselin représentant Yvray dit Lamontagne et celle d'accès au chemin d'Orbec à Bienfaite.
M Cazanos, tisserand en froc est décédé à son domicile de Bienfaite le 12 février 1830. Le logement avait cuisine, boutique et cave. Au premier chambre et grenier.

La boutique de la maison était la boulangerie du hameau. La farine provenait du moulin de la Livraye qui a brûlé puis fut reconstruit. Ce moulin appartenait à M Peulhvey. C'est aujourd'hui la ferme de M Dominique Sotaert.


Extrait de cadastre suite aux expropriations de 1871 pour le passage du chemin de fer.

Le 26 Octobre 1899,
En l'étude de maître Le Barbé, notaire à Orbec,
Vente de la maison par Mmes Casanos et Fournet à M Rivière. Abornement d'un coté M Leroux, de l'autre venelle au-delà de laquelle Mme Peulhvey et l'autre la ligne de chemin de fer d'Orbec à Lisieux.

Le 19 février 1908,
Vente par M Pelhaitre Louis Eugène, journalier à M Rivière Jules Pierre Arsène, journalier. Mme Hortense Eugénie Pelhaitre épouse de Mr Jean Baptiste Julien dit Varin a un droit d'usufruit.

Le 17 Octobre 1923,
En l'étude de maître Laporte, notaire à Orbec-en-Auge, Vente par M Mme Rivière à M Victor Janvier, borné par M Ledos, la ligne de chemin de fer, une ruelle et Mme Peulhvey.
Victor Janvier habitait avant cet achat à la Cressonnière où il s'est marié en 1907.

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REUNION FRANCO-ANGLAISE A MIDDLE WALLOP ANGLETERRE
PASSING ON THE TORCH - PASSER LE FLAMBEAU
MAI 2007

C'est avec grande émotion et surprise que nous avons reçu une invitation du "Typhoon Entente Cordiale Fund" afin d'assister aux cérémonies des 22 23 et 24 mai 2007 à Winchester (GB) avec les vétérans de 1939/1945, anciens pilotes de Typhoon.

A notre arrivée le 22 en fin d'après midi, nous avons été logé au Winchester Royal Hotel où nous avons pris le repas du mardi soir avec tous les vétérans Tiffies, et les anciens de l'ASAVN (Association pour le Souvenir des Ailes de la Victoire de Normandie) dont le siège est à Vendres (Calvados), et particulièrement Jacques Bréhin, son Président, Madame Nicole Lepoultier, maire de Noyers-Bocage (Calvados). Cela a été une soirée de rencontre très amicale, sympathique et intéressante.


22/05/2007 Chez Joan & Jerry Eaton. Au centre Claudine Janvier.

Le lendemain 23 nous sommes partis en autocar en direction de Middle Wallop, une base militaire et le Museum of Army Flying (Musée de l'armée de l'air). Une messe a été célébrée par le Révérend Georges Wood assisté par le Frère Yves Delouche, ancien professeur au lycée Lemonnier de Caen.
Après la messe, un repas nous attendait dans le musée par tables de huit personnes. A la fin du repas de nombreux discours ont été prononcés par les autorités militaires et civiles, des pilotes, anciens et en activités, dont le général en chef des forces aériennes RAF, avec diffusion de films de cinémitrailleuses 39/45 sur trois écrans, avec passages de Typhoons en Normandie les 6 et 7 juin 1944 sur Caen, Le Havre, Lisieux etc.
A la suite, des diplômes de reconnaissance furent remis par les autorités anglaises aux personnes ayant aidées à retrouver des épaves de Typhoons et fait faire des cérémonies à ces pilotes morts pour la liberté.
J'ai été très touché par la remise de ce diplôme de reconnaissance.
Cette cérémonie s'est terminée par la visite du musée militaire de Middle Wallop. De nombreux véhicules, jeeps, camions, motos, mais aussi des hélicoptères, véhicules amphibies et même une curieuse voiture hélicoptère. Quelques pièces d'artilleries, DCA et aussi du matériel allemand. Après cette visite, nous nous sommes rendus sur la base où nous a été présenté une démonstration d'hélicoptère de combat ainsi que des avions de 39/45. La présentation en vol s'est terminée par le passage du nouveau Typhoon, version moderne, mach 2, démonstration de vol, de puissance et de maniabilité et de son armement impressionnant.
Ceci a clôturé la journée. Nous sommes revenus à Winchester, à l'hôtel avec toujours un accueil aussi cordial.

Maquette de Typhoon chez Jerry Eaton.

Le lendemain 24 en matinée, nous sommes allé visiter la cathédrale de Winchester qui est la plus longue du monde. C'est dans cette cathédrale qu'a été couronnée Reine d'Angleterre en 1952, Elisabeth II qui succédait à son père le roi Georges VI. Une très belle visite accompagnée par le Révérend Georges Wood, qui était venu à Saint-Martin-de-Bienfaite en 2005. Le Frère Yves Delouche participait à cette visite. Ceci a clos les cérémonies.

Nous sommes repartis dans l'après midi en direction de Portsmouth pour prendre le ferry avec plein de beaux souvenirs.
JC Janvier 2007

Voir la page Robert Blair, rubrique Les gens d'ici.

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LES COPAINS DE REGIMENT - SEPTEMBRE 2007

Jean-Claude Janvier a su conserver des liens avec quelques copains de régiments.
Tous anciens de l'Armée de l'Air, AA pour les initiés, ils ont effectués comme tous les jeunes français de cette époque 28 mois de service militaire. Tous de la base aérienne BA213 de Bône-Annaba, du radar Bou Zizi 30/953 en Algérie.
La vie a passée mais tout en restant en relation et depuis qu'ils sont en retraite, soit environ une dizaine d'années, ils se retrouvent pour une réunion d'amitié entre potes. Ils sont dispersés aux quatre coins de la France ? Ce n'est pas un problème, chaque année ils se rassemblent dans la région de vie d'un des leurs.
La vie a passée et certains sont veufs ou veuves. Mais l'amitié persiste. Ce n'est pas une réunion d'anciens combattants qui ressassent leurs souvenirs. Non, ce sont tous des civils endurcis, qui aiment à partager cette indéfectible amitié qui naît quand on a vécu plus de deux années de sa jeunesse dans des circonstances difficiles.





Cette année, c'est JC Janvier qui accueillait le groupe en Normandie. Une trentaine de personnes, avec les épouses, ont donc investi l'hôtel Mercure de Lisieux pour deux ou trois jours selon les disponibilités des uns et des autres.
Après les repas partagés ensembles et les discussions interminables autour d'un verre il était temps de visiter le Pays d'Auge. La plus part découvrait notre Normandie pour la première fois.

En autocar, la troupe a ainsi visité le Cimetière Américain de Colleville, les musées du débarquement de Bayeux et de Huppain, la fromagerie Graindorge de Livarot, la distillerie du Père Magloire à Pont-l'Evêque, le joli port d'Honfleur accompagné d'un guide, le Pont de Normandie et les plages de Deauville à Pégasus-Bridge et son petit musée du débarquement. Le beau temps était de la partie et tous se sont déclarés enchantés de leur séjour.
Le temps des au revoir étant venu, ils se sont donné rendez vous l'année prochaine à Montpellier.
YB 2007

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