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SAINT-MARTIN-DE-BIENFAITE - LA CRESSONNIERE

Un village en Normandie

La Normandie c'est aussi le pays du cheval.
1.683 élevages dans le Calvados pour plus de 3.600 naissances par an. Le poids économique de la filière cheval est important et peut encore se développer. L'élevage est destiné principalement à la compétition.

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Dernière mise à jour le :
jeudi 22 Juin 2000
20h30



LA POLITIQUE...VUE PAR UN NORMAND !


Alphonse Allais, Honfleur, 1854 - Paris, 1905
Célèbre à la Belle Epoque, reconnu pour sa plume acerbe et son humour absurde, il est notamment renommé pour ses calembours et ses vers holorimes. Il est parfois considéré comme l'un des plus grands conteurs de langue française.
Membre du mouvement fumiste, de la société des Hydrophates et du cabaret parisien "Le chat noir".

Quel sujet l'humoriste honfleurais Alphonse Allais n'a t-il pas abordé? La plume est alerte et l'ironie souriante. Plus d'un siècle après, bien évidemment, ce texte n'est plus d'actualité ! . . . . Quoique !

UN PROJET DE LOI
La ruche parlementaire rebourdonne à tour de bras et le sein des commissions repalpite, faut voir comme !

Engagé par un groupe important de bouilleurs de crus de l’arrondissement de Pont-l’Evêque, de veiller à ce que l’honorable M.Conrad de Witt défende, sans relâche, leurs intérêts ainsi qu’il s’y est engagé, par voie d’affiches, lors des dernières élections, je me rends souvent au Palais-Boubon.

....J’ai toujours professé un goût très vif pour les travaux parlementaires. Rien d’ailleurs, de ce qui touche à la grandeur de la France ne saurait me laisser indifférent.

....Quelques députés veulent bien m’honorer de leur confiance et de leur amitié.
C’est ainsi que je suis au courant des principaux projets de loi qui verront le jour au cours de cette session.

....C’est ainsi qu’une loi, si elle est votée, pourrait avoir des conséquences d’une portée incalculable.

Le député qui va déposer ce projet ? J’ai juré de ne pas révéler son nom.

Je l’ai rencontré cet après-midi dans les couloirs, et voici les paroles qui s’échangèrent entre nous :

- Tiens ce vieux X....comment ça va ?
- Tiens Y....(Y c’est moi). Pas trop mal, comme vous voyez. Je travaille énormément
- A quoi donc, que j’y coure ?
- A mon projet de loi.
- Ah ! vous faites un projet de loi ?
- Oui mon cher ! Et un projet de loi qui fera parler de lui, je vous prie de le croire !
- Je n’en conçois nul doute. Et cette loi ?
- Voici, tout bêtement, de quoi il s’agit : d’après ma loi, l’état s’arrogerait le monopole de la fabrication et de la vente des parapluies.
- Des parapluies !
- Oui des parapluies. Qu’est-ce que cela a d’extraordinaire ? L’état n’a-t-il pas déjà le monopole des allumettes et des tabacs ? En quoi le monopole des parapluies serait-il plus étrange ?
- En effet.
- Savez vous combien il se consomme de parapluies en France, par an ?
- Ma foi, je vous avouerai que je n’ai jamais compté.
- Pas loin de 6 millions! Admettons que chaque parapluie laisse 100 sous de bénéfice à l’état, cela fait une légère rentrée annuelle de 30 millions de francs. Savez-vous que ce n’est pas une paille, cela, 30 millions ?
- Fichtre !
- Et puis ce n’est pas seulement une question de profit que j’ai visé dans ce projet. J’y ai vu une question de commodité. Avez-vous remarqué, quand il pleut...comme les communications sont pénibles dans les rues ? Les parapluies tiennent une place du diable. On se heurte, on se bouscule, on se barre la route, et, finalement, on ne peut passer sur les trottoirs étroits que si l’un de vous élève son parapluie, alors que l’autre abaisse le sien.
- Très observé !
- Je me suis fait ce raisonnement bien simple : si 50% des parapluies étaient munis de manches un peu longs et 50% de manches un peu courts, les heurts et les chocs seraient évités. La moitié des parapluies passerait sous l’autre, et tout serait dit.
- Puissamment raisonné !
- Naturellement, si le parapluie reste la proie de l’industrie privée, on ne pourra jamais arriver à une réglementation de cette nature, mais si l’état monopolise cette fabrication, rien ne sera plus simple que de produire moitié parapluies hauts, moitié parapluies bas, de même qu’on fait des paquets de cigarettes à 40 centimes, d’autres à 60, d’autres à 80, etc.....
- Voulez-vous me permettre une toute petite objection ?
- Parlez donc, je vous prie.
- Ne craignez-vous pas que dans les 50% de parapluies hauts, il s’en trouve 25% qui heurteront les 25 autres ? Et le même phénomène ne pourrait-il pas se produire pour les 50% de parapluies bas qui se choqueraient entres eux ?
- C’est, nom d’un chien, vrai ! Je vais chercher à remédier à ce petit inconvénient. Au revoir, cher ami !

Pauvre France !

Alphonse ALLAIS (in Rose et vert pomme, 1894)



Vers holorimes : vers qui se prononcent à l'identique, bien que formés de mots différents..

Deux exemples signés Alphonse Allais :

« Par les bois du Djinn, où s'entasse de l'effroi,
Parle et bois du gin !… ou cent tasses de lait froid. »

« Aidé, j'adhère au quai ; lâche et rond je m'ébats.
Et déjà, des roquets lâchés rongent mes bas. »



NDLR :Pourquoi A.ALLAIS ici ? Pour une raison personnelle !
Ma grand-mère maternelle, Eugénie LECLERC, née en 1867 à Honfleur, était amoureuse de son voisin Alphonse Allais, pourtant son aîné de 13 ans ! Mais son papa est resté insensible à cet élan du coeur, et a marié ma grand-mère à quelqu'un qui, d'après lui, avait un vrai métier, c'est à dire à un capitaine au long cours, Constant Leclerc, mon grand-père. YB


Pour la vraie politique consulter le tableau des RESULTATS DES ELECTIONS à Saint-Martin-de Bienfaite.


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