VIVRE A
SAINT-MARTIN-DE-BIENFAITE - LA CRESSONNIERE

Un village en Normandie


La rivière l'Orbiquet.

L'ORBIQUET ET SA VALLEE, faune, flore et humains.
Une coexistence pas toujours écologique

BIENFAITE, PRÉSENTATION

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Dernière mise à jour le :
lundi 3 février 2014
17h30


Ci-dessous extrait des fiches ZNIEFF n° régional 0079-0000 et 0079-0001, Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique, Floristique et Faunistique.

1 - BASSIN DE L'ORBIQUET ET DE LA COURTONNE

Cet ensemble de vallées aux larges versants peu pentus forme un paysage typique du Paysd'Auge. On note ici une diversité des milieux depuis les prairies hygrophiles de fond de vallée en passant par les coteaux calcaires, jusqu'aux bois de plateau.
Tous ces milieux recèlent un grand nombre d'espèces animales et végétales rares.

FLORE
La diversité des milieux recensés est à l'origine d'une flore extrêmement variée.
Parmi les espèces hygrophiles de fond de vallée, mentionnons l'Aconit napel (Aconitum napellus ssp. neomontanum), ponctuellement présente, le Bident penché (Bidens cernua), le Gaillet fangeux (Galium uliginosum), la Valériane dioïque (Valeriana dioica).
La flore calcicole est bien représentée sur les coteaux avec, sur les pelouses calcaires, l'Herbe à l'esquinancie (Asperula cynanchica), l'Orchis grenouille (Coeloglossum viride), protégé au niveau régional, le Gymnadème à long éperon (Gymnadenia conopsea), l'Hippocrépis à toupet (Hippocrepis comosa), les Ophrys abeille (Ophrys apifera) et araignée (Ophrys sphegodes), le Réglisse sauvage (Astragalus glycyphyllos), l'Hélianthème nummulaire (Helianthemum nummularium), la Garance voyageuse (Rubia peregrina), également protégée au niveau régional, le Poirier à feuilles cordées (Pyrus cordata), une mousse : Thuidium philibertii. Les sous-bois renferment le Bois gentil (Daphne mezereum), la Néottie nid d'oiseau (Neottia nidus-avis), l'Orchis pourpre (Orchis purpurea), la Céphalanthère pâle (Cephalanthera damasonium).
Enfin, les bois acidiphiles de plateau abritent le Jonc squarreux (Juncus squarrosus).

FAUNE
Les nombreux cours d'eau et plans d'eau de cette zone sont favorables à la présence de nombreux oiseaux inféodés aux milieux humides. On note la nidification du Grèbe huppé (Podiceps cristatus), du Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis), de la Foulque macroule (Fulica atra)...
Les milieux boisés et bocagers accueillent la Bondrée apivore (Pernis apivorus), la Chouette chevêche (Athene noctua)...
Sur le plan mammalogique, le secteur renferme le Mulot à gorge jaune (Apodemus flavicollis), très rare et localisé en Normandie.

ANCIENNE CHAMPIGNONNIERE DE LA CRESSONNIERE
Cette ancienne champignonnière constitue l'un des principaux sites bas-normands d'hibernation pour les chiroptères au regard de la diversité des espèces et de leurs effectifs. En effet, on dénombre 11 espèces de chauves-souris présentes sur le site dont le grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum) qui totalise plus de la moitié des effectifs, le Vespertilion de Daubenton (Myotis daubentonii), le Vespertilion à moustaches (Myotis mystacinus)... qui sont des espèces jugées en danger et/ou vulnérables au niveau européen bien qu'elles soient intégralement protégées par la loi.
Lire la fiche NATURA 2000 de la grotte.

D'une bonne qualité biologique globale, ce bassin possède un intérêt piscicole certain, et renferme, entre autre, de belles populations de Truite fario (Salmo trutta fario). La Courtonne et la Marolles sont particulièrement riches en frayères à salmonidés. L'Ecrevisse à pieds blancs (Austropotamobius pallipes) est, en outre, présente dans ces deux cours d'eau. Mentionnons enfin qu'un programme de rétablissement intégral de la circulation des salmonidés est en cours sur l'ensemble de ce bassin.

Fin de fiche znieff

Pour obtenir les renseignements complémentaires concernant les Z.N.I.E.F.F. et la protection des milieux naturels, s'adresser à la Direction Régionale de l’Environnement de Basse-Normandie CITIS - Le Pentacle - Avenue de Tsukuba - 14 209 HEROUVILLE-SAINT-CLAIR Cedex - Tél. 02 31 46 70 00 - Fax 02 31 44 72 81
Pour les courageux, voir les téméraires, cherchez sur les site internet de la DRIRE et de la DIREN.


2 - LE RISQUE D'UNE CRUE EXCEPTIONNELLE DE L'ORBIQUET
" CA N'ARRIVE PAS QU'AUX AUTRES "

Janvier 2014
En 2013, il a été concédé à une société privée, l'installation dans le bourg d'un réseau de distribution de gaz naturel. Ce réseau diversifie l'offre d'énergie proposée aux habitants.
Avant distribution aux particuliers, le gaz est stocké dans quatre citernes. Voir photo.

Photos YB janvier 2014
Ces citernes sont installées en bordure de l'Orbiquet, en zone inondable.
Comme le montre cette photo en gros plan prise le 27 janvier 2014, aucune de ces citernes ne sont ancrées au radier, une dalle de béton.
Les récentes inondations fluviales dans le Sud-Est de la France ont montrées la force des eaux de fortes crues qui emportent comme fétus de paille des gros véhicules.

- En cas de forte crue de l'Orbiquet, ces citernes ne risquent-elles pas d'être emportée par le courant ?
- Le petit grillage qui enclos le site va t-il offrir une résistance suffisante pour stopper des objets lourds à la dérive et protéger d'un heurt les citernes ? On peut en douter.

Parlera t-on alors de "catastrophe naturelle" ?

Février 2010
Copie de http://prim.net

Avril 2006
Ci-dessous carte des zones inondables de Bienfaite publiée par la Drire. Cette nouvelle édition prend en compte les crues centennales.
Source : http://www.donnees.basse-normandie.developpement-durable.gouv.fr/


Sont en zone inondable : plusieurs maisons du bourg, les usines SNO et Sogal, le standard téléphonique, la salle des fêtes (qui ne figure pas sur ce plan ?), la station d'épuration.

Janvier 2004
Dans un article de l'Éveil du 31 Décembre 2003, il est abordé le risque d'inondation catastrophique par cette paisible rivière qu'est l'Orbiquet. Il énumère plusieurs motifs d'inquiétude que je reprends ici en résumant librement cet article :
  • La sécheresse de l'été 2003 pourrait avoir des conséquences sur les voûtes calcaires de la partie souterraine de la rivière avant sa source actuelle. L'érosion de la roche calcaire est un phénomène naturel contre lequel on ne peut rien faire. Ceci pourrait conduire la rivière a ressortir là où on ne l'attend pas, car sa source va très loin sous le plateau du Sap.
  • L'urbanisation, maisons, routes nouvelles, équipements collectifs, mais aussi l'agrandissement des zones industrielles et commerciales comme celles de La Vespière accélèrent le ruissellement immédiat.
  • Le comblement des fossés et leur remplacement par de ravissants caniveaux en béton très prisés par la DDE. Exemple : sur la petite route Bienfaite / Orbec entre le Bourg de Bienfaite et le Mannetoc.
  • L'implantation de l'A28. Outre l'impact encore inconnu sur l'écoulement naturel des pluies et malgré ses bassins de rétention et de décantation. Il arrive que ces bassins fuient ou débordent.
  • Les pratiques de l'agriculture intensive : arasement des haies, comblement des mares, drainage des champs, mise à nu hivernale des terres par certaines cultures (maïs), amoindrissent le rôle d'absorption des sols.
Déjà les anciens de Bienfaite disent que la rivière monte plus rapidement qu'autrefois en cas de forte pluie: deux jours au lieu de trois ou quatre.

Mise sous buses du lit principal de l'Orbiquet dans les années 1990 sur une longueur de 30m.
Ci dessous. Le vannage du premier plan a été démoli dans sa moitié droite. Est-ce pour essayer de dériver l'eau vers le bras mort du bief, sur la droite juste avant le busage ou bien pour essayer de protéger l'entrée des buses d'objets dérivants au fil du courant ?
Obstacle fatal. Des échelles à poissons ont été édifiées à grands frais pour permettre à la truite fario de franchir les barrages des moulins sur l'Orbiquet.
Sauf qu'un tunel de 30m de long à franchir, les truites n'apprécient pas. Elles refusent de s'engager dans le noir tuyau ces ingrates.Mais on ne contrarie pas un puissant groupe comme Lactalis. Tant pis pour les farios.
Photo YB juillet 2007


A Bienfaite même, la mise sous deux buses de l'Orbiquet pour satisfaire aux besoins de la laiterie Besnier est d'une imprudence grave. En cas de crue sévère et si la rivière charrie des branchages, ceux-ci pourraient obturer en partie les buses et provoquer ainsi un débordement. La proximité de l'usine Sogal et ses nombreux produits dangereux pourrait provoquer une pollution importante si la rivière venait à déborder et à envahir ces locaux industriels.
On objectera que l'eau pourrait aussi s'écouler par les anciens bief d'alimentation des moulins, mais le non entretient de ces biefs et des vannages pourrait bien les rendre insuffisants pour écouler un débit de crue exceptionnelle.


3 - Déjà des catastrophes dans le passé.

Les pompiers d'Orbec se souviennent qu'il y a une vingtaine d'années, il y avait eu 40 à 50cm d'eau dans les rues basses d'Orbec.

En 1968, l'usine Svène, rue de la gare à Orbec, est inondée, ainsi que les rues basses d'Orbec.

En 1975, à Bienfaite, l'eau ayant envahie la porcherie Lanquetot, les porcs durent être évacués en urgence. C'était un samedi.
Les locaux de l'usine Martin ne furent pas inondé, mais l'eau était au raz du seuil des ateliers.
Vers l'aval "La vallée faisait comme un lac" se souvient un témoin.
Cette inondation s'est produite en fin d'hiver. Après une logue période de mauvais temps fortement pluvieux suivie d'importantes chutes de neige, le redoux brutal accompagné de fortes pluies a provoqué la fonte rapide de la neige. Neige fondue plus pluie égal inondation.

"En 1875, le mercredi 7 juillet, dans le courant de l'après-midi, une pluie torrentielle, qui dura peu, s'abattit sur notre commune [Saint-Germain-la-Campagne], St Mards-de-Fresnes, les Courtonnes. Cette pluie diluvienne causa une inondation dans la vallée de la Courtonne, entraînant tout sur son passage, un habitant de Courtonne fut enlevé avec sa maison; les foins qui se trouvaient dans les prairies furent entraînés par le courant et vinrent obstruer le pont de Glos, formant une digue qui arrêta le courant, malheureusement, vers les neuf heures du soir, le pont fut emporté, une maison enlevée et une partie d'une autre, située à l'angle du pont, occupée par les époux Viel et leur domestique qui tous furent entraînés par les eaux ainsi qu'une voisine qui voulut leur porter secours. A Lisieux ce fut un vrai désastre, il y eut aussi deux victimes, les pertes matérielles furent considérables." Extrait de Histoire de St Germain-la-Campagne par Eugène L'Hommet, ré impression Publipresse Orbec 2007.

Au 18ème siècle Jobey raconte qu'a la suite de pluies très abondantes, des torrents de boue et d'eau dévalaient les rues d'Orbec avec une telle violence "qu'un homme à cheval fut emporté par le courant".

Alors, comme à Trouville l'an dernier, comme dans le midi de la France en début d'hiver 2003, comme dans le passé dans le canton d'Orbec, on n'est jamais à l'abri d'un débordement climatique qui ne pourra être qu'amplifié pour les raisons exposées ci-dessus.


4 -Une pratique agricole, le baignage.

Décembre 2012.
Ci-après, plan des anciens baignages de la propriété Defougy-Peulvey à Bienfaite.
La flèche 1 indique le canal porteur (arrivée de l'eau) et la flèche 2 l'égout, canal d'évacuation de l'eau.
Document publié par la revue Le Pays d'Auge en Novembre 2012. Coll. part.

 

Photos YB février 2014

 

Vue de la vallée de l'Orbiquet en aval d'Orbec. Après des pluies abondantes, les anciennes rigoles de baignage sont encore visibles.

 

A droite, une ancienne vanne de régulation à l'abandon.

 

 

La pratique du baignage s'est maintenue jusqu'aux années fin 1950 et même ultérieurement à La-Chappelle-Yvon.
Un brabant tansformé, équipé de deux couteaux, était tiré par un cheval. La terre d'entre les deux saignées était enlevée avec une petite pelle étroite recourbée sur l'avant puis jetée sur un traineau tracté également par un cheval. Cette terre servait à colmater des brèches dans les canaux porteurs.
Le travail était physique et devait être recommencé chaque année;

La pratique des prés baignants a été aussi mise oeuvre dans la partie basse de la vallée du ruisseau de la Cressonnière, entre la Balletière et le château de Bienfaite.

Les prés baignants Une jolie vidéo sur les pratiques de baignage des prairies de fond de vallée le long de l’Orbiquet (Pays d’Auge) entre Orbec et Saint-martin-de-Bienfaite.
Vidéo réalisée le 03/10/2014 par ANR REPPAVAL.

Voir : Le baignage en vallée de l'Orbiquet.

 

REPPAVAL : Représentations des paysages et de la nature dans les petites vallées de l'Ouest de la France face aux projets de restauration écologique.
Voir : Le site de REPPAVAL

 

Le numéro Janvier - Février 2015 de la revue "Le Pays D'Auge" publie un article sur Les prés baignants de la vallée de l’Orbiquet. Un paradoxe et de l’ingéniosité par André Gasson. Voir : Le baignage en vallée de l'Orbiquet.




Crédit photo : Association Nature du Calvados.
Jacques Allaume, agriculteur, ancien maire de Bienfaite de 1971 à 1989, a ressorti des vieux outils de rigoleur. Il tient un brabant.
Sortie sur le thème "Patrimoine autour d'Orbec" organisée par l'association Nature du Calvados le 28 décembre 2016.

Voir le site de L'association Nature du Calvados..

 



5 - MAIS D'OU VIENT L'EAU DE L'ORBIQUET ?

L'Orbiquet est une rivière de première catégorie, classée 1B.
Sa source est une résurgence, qui, en période de crue, peut faire jaillir un mascaret d'un mètre de haut ou plus. Le débit moyen de la source est d'environ 450 L/s, ce qui en fait la quatrième source "vauclusienne" de France.
Etiage de retour cinq ans : 270l/s.
Débit de crue : 1m3/s.

Faisons un petit calcul.
Le débit moyen de la source est de 450 litres par seconde.
400 x 3.600 = 1.620.000 litres par heure.
1.620.000 x 24 = 38.880.000 litres par jour.
38.880.000 x 365 = 14.191.200.000 litres par an.
Il tombe 820 mm de pluie en moyenne par an.
On admet qu'un tiers de la pluie repart en évaporation. Un autre tiers est absorbé par la végétation. Le dernier tiers s'infiltre pour recharger la nappe phréatique.
820 / 3 = 273,33 mm soit 27,333 litres par mètre carré et par an.
14.191.200.000 / 27,333 = 519.196.575 mètres carré seraient nécessaires pour assurer le débit de l'Orbiquet par la pluie locale.
Soit un cercle de 16.534 mètres de rayon autour de la source.
Or, dans un rayon de moins de 12 km autour de la source, le relief très accidenté voit passer deux autres rivières : la Touques à l'Ouest et la Charentonne à l'est. Chacune de ces rivières drainent leurs propres affluents. Les autres sources, si elles sont plus modestes, sont nombreuses.
Avant de jaillir à la Folletière-Abenon, l'Orbiquet serait alimentée par au moins deux cours d'eau souterrains. Les diverses explorations par des plongeurs spéléologues depuis plus de 30 ans ont permis de reconnaître 815 mètres de galeries en deux branches. Le réseau hydrographique souterrain s'étendrait plus loin. A noter que le site de la Source a été classé Espace Naturel Sensible.
Des plongeurs ont remonté la galerie souterraine de la source sur 815m.

On pourrait donc dire que l'eau provient principalement du plateau de Meulles.
Mais il est difficile d'affirmer que l'eau de la source de l'Orbiquet soit uniquement d'origine locale. Une partie de cette eau provient d'ailleurs. Deux hypothèses ont été émises par les géologues.
- 1/ La première affirme qu'une partie de l'eau proviendrait de la Risles, à une trentaine de kilomètres, qui voit sur son parcours Ornais une partie de ses eaux disparaître dans le sol. Phénomène identique pour le Guiel avant Verneusses, mais le Guiel est un petit ruisseau qui ne peut expliquer l'ampleur du débit de l'Orbiquet.
- 2/ La seconde voudrait que la source soit alimentée depuis la gigantesque nappe phréatique ou aquifère (Eaux fossiles?) qui repose sur les couches d'argiles et de marnes du bassin parisien, depuis les cuestas du Pays d'Auge jusqu'au Côtes de Champagne et Côtes de l'Argonne.
Aucune de ces théories n'a pu être absolument démontrées.

Note : Après de fortes pluies, l'eau de l'Orbiquet est trouble, boueuse. Si vous remontez l'Orbiquet jusqu'à la source, vous aurez la surprise de constater que l'eau sort déjà ainsi de la source !
Par très fort orage, l'eau sort de la résurgence en gros bouillons et tourbillons. Des silex sont expulsés à plusieurs mètres de hauteur. Le spectacle est très impressionnant. Ces jours là, le trou du camp haro rugit et gronde à faire peur.
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