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Dernière mise à jour le :
juillet 2011
11h30

 



Histoire industrielle de la famille LANQUETOT

Cadres et techniciens étrangers

Fabrication d'Edam Français fin des années 1940.
La production de lait n'est pas constante en quantité mais soumise à des variations saisonnières. L'emploi des excédents périodiques de lait a toujours posé problème aux laiteries. Cette question est généralement résolue par transformation de ce surplus en poudre de lait ou en caséine. La famille Lanquetot a essayé d'apporter une réponse nouvelle en fabriquant du fromage Edam de meilleure conservation que le camembert.

A la fin des années 1940, Pierre et Roger Lanquetot ont fait venir des Pays-Bas plusieurs maîtres fromagers connaissant la fabrication des pâtes cuites.

Ainsi Monsieur Johan Gelderblom est arrivé des Pays-Bas avec sa famille pour lancer la fabrication de l'Édam. Faute de logement, il habitera plusieurs mois dans une grotte aménagée au fossard. Protestant, très religieux, il tenait l'harmonium à l'office du dimanche en l'église Évangélique d'Orbec. Il ne restera qu'environ deux années à Bienfaite. Il partit fonder sa laiterie dans l'ouest du Canada au début de l'année 1950. Il fut tué dans un accident automobile peu après.

Son fils, Will C. van den Hoonaard, professeur à l'université du Nouveau Brunwick au Canada, vint faire en juin 2011 une petite visite à Bienfaite pour revoir les lieux de son enfance.

Un certain Wisma, Néerlandais également, ne fit qu'un court séjour à Bienfaite, avant 1950.

Le premier octobre 1950 Lanquetot fit venir, encore des Pays-Bas, Monsieur Johannes Voeten. Le contrat de travail précisait : " …en qualité de Directeur de fabrication …Il sera laissé à M Voeten toute liberté pour mener à bien la fabrication des fromages de type Hollande : Edam et Gouda … ".
Simultanément une circulaire commerciale datant de novembre 1950 est diffusée à la clientèle : " …nous nous sommes attaché la collaboration d'un technicien Hollandais spécialisé dans la fabrication de l'Edam, et nous pouvons maintenant assurer…que la qualité de nos fromages est l'équivalent de celles des meilleurs fromages d'importation. "

M Voeten réussira là ou M Gelderblom avait échoué. Il marquera fortement l'entreprise où il va travailler pendant plus de dix ans : à Bienfaite, à la Madeleine (Orbec). Il s'occupait aussi de Friardel et même d'Isigny. Il prendra à cœur de transmettre son savoir en formant des jeunes.
Ms Pierre Desportes, Georges Bonneau, Arthur Bizeul gardent encore aujourd'hui un souvenir reconnaissant à Johannes Voeten. Ces personnes ont gardé le contact avec sa fille Brigitte qui vit en Belgique.
M Voeten était né en 1919 à Princehage (Pays-Bas). Il est décédé à Bilzen (Belgique ) en mai 2002.

Faire son beurre.
A la même époque (1950) Lanquetot fit venir du canton de Vaud, avec sa famille, Monsieur Müller, un maître beurrier. Si la fabrication de l'Edam était inhabituelle en Normandie, plus surprenante est l'arrivée d'un beurrier Suisse. Ne s'avait-on plus fabriquer de beurre en Pays d'Auge ? C'est plus probablement un manque de main d'oeuvre qualifiée qui est à l'origine de cette embauche.
Très fort physiquement, il pouvait soulever en une seule prise quatre bidons de lait pleins et les transporter ainsi. Travailleur acharné, il était exigeant avec le personnel.
Une anecdote : depuis quelque temps des plaquettes de beurre disparaissaient mystérieusement. Décidé à coincer le voleur, M Müller se dissimula dans une cuve, endroit difficilement soupçonnable tellement il était étroit d'accès, et fini par prendre le voleur en flagrant délit. (Lire le très émouvant récit de sa fille Monik en pages "Les gens d'ici".)

Pierre et Roger Lanquetot refusèrent les investissement nécessaires au développement de la production de beurre. M Müller quitta l'entreprise.

D'autres métiers furent occupés par des étrangers. Le plombier était Espagnol et le menuisier Polonais.

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